Le 6 juillet, ce sont eux qui auront la charge d’ouvrir le festival des Musicales. Une chance, presque un aboutissement pour ceux que l’on appelle au Conservatoire de musique les « grands élèves ». Histoires de parcours.

Infographie : Marianne Guillemet
Le 6 juillet, en l’église de Saint-Vincent-sur-Oust, Camille (1ère à droite sur la photo) aura la lourde charge d’interpréter le Deux-nocturne de Chopin, opus 37 n°1. Une mélodie très lente, un piano et elle, 16 ans, déjà 9 ans de pratique au Conservatoire de Redon. « Ma tatie jouait du piano et l’avait légué à ma mère qui a voulu que j’en fasse. C’était pour moi une évidence de jouer de cet instrument. » Une évidence, pas un héritage : il faut apprendre et creuser son propre sillon. Ce qu’elle fait : depuis trois ans, Camille pratique le clavecin dans l’ensemble de musique ancienne de Virginie Zanni. Une pratique collective obligatoire quand on est élève au Conservatoire.
Emma a commencé tôt elle aussi à faire de la musique. C’est par un ami de son père que la flûte traversière a atterri dans ses mains. Pas évident quand on a huit ans : l’instrument est assez lourd. « Au début, j’ai dû travailler seulement avec l’embouchure. Il m’a fallu deux ans pour réussir à avoir un bon son. Ce qui me plaisait, c’est le côté mélodieux de la flûte. » Depuis l’an dernier, Emma s’est mise à la guitare, mais c’est bien de la flûte traversière qu’elle jouera lors du concert d’ouverture. Au programme : quatre extraits de La flûte enchantée, de Mozart, en duo avec Alice.
A la question : de quel instrument, veux-tu jouer ?, Alice a répondu à ses parents : de la flûte traversière ! « Mon grand frère faisait de la guitare, nous étions allés écouter un concert avec un duo guitare et flûte. J’avais bien aimé son côté lyrique, presque comme une voix. Jouer de la flûte pour moi, c’est un peu comme chanter. Et puis, j’aime bien aussi l’idée de faire un instrument un peu original. En plus, la flûte se marie avec tous les styles. »
Après sept et dix ans de cours, Alice et Emma sont allées au bout du cycle d’apprentissage du Conservatoire. Certificat d’études musicales en poche, elles poursuivent en participant à des ensembles. Un « statut » que Jerry qui vient d’entrer en 3ème cycle devrait obtenir dans deux ou trois ans. Cursus normal pour ce jeune élève depuis huit ans, devenu pianiste parce que le saxo, qui avait sa préférence, « gonfle les joues »… et empêche de chanter, selon son père. Le 6, Jerry interprétera l’arabesque n°1 de Debussy, un de ses compositeurs fétiches. « J’aime les morceaux un peu lents, ça permet de mieux se les accaparer, d’avoir un bon toucher. »
Le piano, Isobel l’a pratiqué il y a quelques années, le basson également. Mais, depuis trois ans qu’elle a repris le chemin du conservatoire comme un défi qu’elle s’est lancé, c’est en techniques vocales qu’elle s’est inscrite. Une évidence pour elle : « en Irlande, d’où je viens, le chant, c’est notre seconde nature ! Nous avons traditionnellement une chanson pour chaque moment de la vie ». Soprano, Isobel chantera trois chansons de compositeurs britanniques et deux duos de Rossini.
Au programme de la 4ème édition des Musicales
Le 6, le concert d’ouverture réunira également Faustine, Clément (flûte traversière) et Adrien (guitare). A 17 h, église de St-Vincent-sur-Oust. Du 6 au 16 juillet, 13 concerts sont programmés dans 9 communes, notamment à Sainte-Marie pour le concert de clôture (avec un opéra pour la première fois). Six « récréations musicales » sont également prévues, à la maison de retraite des Charmilles à Redon et à l’EHAPD de Guémené-Penfao, au Centre social de Redon, à l’IME/ITEP (site de la Bousselaie, à Rieux)… Quatre clubs photo (La Gacilly, Redon, La Chapelle-de-Brain et Allaire) participeront à un concours. Et une flash mob est organisée le 11 juillet à Redon (11h). Le signe du développement de cet événement du Pays de Redon, passé de 4 à 13 concerts en trois ans et dont la devise est : « la musique à tous coeurs ».
Billetterie sur Internet (www.lesmusicalesderedon.fr/) et à l’office du tourisme de Redon. Vente sur lieux des concerts.
