Dans les milieux plutôt masculins des sports de combat et du bâtiment, Claire détonne. Après avoir mené de front son travail de maçonne enduiseuse et un engagement de coach de full contact, Claire Chérel se consacre pleinement au développement d’une activité sportive. Un choix et une évidence pour elle.
2014 restera une année marquante dans le parcours de Claire. Cette maman de deux grands enfants a alors 35 ans. Elle pousse les portes du Boxing Club Redonnais, créé l’année précédente. Claire avait testé, mais très brièvement, la savate. L’univers des sports de combat l’attire. « Pour moi, il s’agissait de reprendre confiance en moi et d’apprendre à se défendre, vu le parcours assez violent que j’avais connu et qui m’a valu d’arriver en urgence en Bretagne », raconte-t-elle pudiquement.
"Ca m'a fait tilt !"
Au club Redonnais, elle dit avoir rencontré un coach qui lui a « redonné goût à la vie ». « Il m’a transmis la volonté de progresser », précise Claire. Progresser, ce n’est pas une option pour elle, même au-delà du sport. Elle a déjà fait preuve d’une grande volonté en s’engageant dans le bâtiment. En formation au CLPS de Redon, elle rencontre une femme peintre. « ça m’a fait tilt ! » La jeune maman débute une formation en alternance grâce à une entreprise Redonnaise. Diplôme en poche, Claire découvre d’autres métiers sur le tas. Celui d’enduiseur puis celui de maçonne.
En parallèle, un parcours sportif se construit. Rapidement, Claire participe à des compétitions régionales de kick-boxing et même nationales. « Et puis, le coach m’a sollicitée au bout d’un an pour encadrer, explique-t-elle. Bien que peu confiante, j’ai accepté de m’engager, animée par le souhait de voir le club évoluer. » En 2017, elle obtient donc le brevet moniteur fédéral niveau 1. Elle s’implique ainsi de plus en plus dans le club.
« Une meilleure version de moi-même »
La vie suit son cours, professionnellement et sportivement. Mais surtout humainement. C’est la chose la plus significative pour Claire. En tant que coach, sa priorité a toujours été la
bienveillance, la transmission de valeurs et l’épanouissement des personnes. « Cet engagement dans le sport m’a permis de devenir une meilleure version de moi-même, avoue-t-elle. Mon but est d’avoir un impact positif sur la vie des personnes qui croiseront mon chemin. »
C’est ainsi qu’à 46 ans, Claire perçoit la nouvelle situation qui se présente à elle : « mon corps me lâche et ne permet plus de continuer à travailler comme maçonne ». 15 ans de port de charges lourdes, de postures éprouvantes, d’efforts physiques intenses… « Les douleurs intenses m’ont fait prendre conscience qu’il était nécessaire de me réorienter ». En novembre dernier, Claire a quitté le milieu du bâtiment avant que son corps la lâche davantage et l’empêche de mener à bien le projet qui lui tient à cœur : devenir éducatrice sportive.
Son projet de reconversion prend tout son sens, sachant qu’en 2021, elle crée l’association Dynamik’air, encouragée par plusieurs personnes. Jusqu’à aujourd’hui, l’activité s’est dévelopée à Sainte-Marie autour des activités d’aéro-kick (qu’elle encadrait dans son club d’origine depuis trois ans), de cross training (travail musculaire et de mobilité par le biais de différents ateliers) et de kick-boxing (type de boxe pieds-poings).
Depuis septembre 2025, Claire anime en plus des séances d’aéro-kick et de boxe à Allaire.
« Mais, pour être considérée comme réellement professionnelle, je dois obtenir un BPJEPS par le biais d’une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), démarche que je viens d’effectuer. Il y a déjà eu tellement de positif autour de l’association d’un point de vue humain, avec des amitiés, des évolutions personnelles, et j’ai tellement d’idées d’actions à mener auprès de jeunes élèves, de personnes en situation de handicap ou de femmes pour les aider à (re)trouver confiance en eux, que je ne lâcherai pas ! ».
Contact : 07 83 29 66 78 – dynamikair35600@gmail.com
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A retrouver en version papier dans le numéro de janvier-février 2026