Emmanuel, 32 ans : « Pour moi, à présent, la vie est plus belle ! »

« Si on m’avait dit il y a six mois : Emmanuel, est-ce que tu participeras à La Gacilienne le 2 juin ?, j’aurais répondu : oui certainement… en fonction de mon envie de courir ou de comment se sera finie la soirée de la veille ! »

C’est par ces mots francs qu’Emmanuel Danet, 32 ans, a commencé son témoignage lu avec émotion -on s’en doute- devant les près de 900 marcheurs, coureurs et motards venus participer à la 5ème La Gacilienne, une course solidaire contre le cancer. Voici le témoignage qu’il souhaite partager le plus possible.

Emmanuel Danet partage son témoignage sur le podium à côté d'autres intervenants avant le départ de la marche-course. Photo : La Gacilienne contre les cancers.

« Aujourd’hui, me voilà devant vous comme témoin, car il y a six mois, on ne m’a pas demandé si j’allais participer à une manifestation de ce type :  on m’a détecté un cancer. Ce cancer, c’est un Lymphome de Hodgkin, un cancer qui touche la moelle osseuse. Une maladie de sang qui m’a été annoncée après une batterie
d’examen le 24 novembre 2023.

Après ce rendez-vous chez l’hématologue sur la route du retour, j’ai réfléchi
aux deux possibilités qui se présentait à moi finalement…

Soit je garde le sourire face à la situation, je me bats et je gagne face à la maladie ou soit je garde le sourire face à la situation, je me bats et je laisse le meilleur souvenir à mes proches.

"T'es en bonne santé !"

Après cela, je me devais de prévenir mes proches, à commencer par ma
maman qui a toujours voulu être positive et qui, comme tout mon entourage, me disait sans cesse : « tu es jeune, tu fais du sport, tu es en bonne santé ».

Depuis le premier rendez-vous, je le savais, tous ces examens ne confortaient qu’une seule chose : c’était mes craintes.
La réalité, c’est qu’il n’y a pas de réelle équation face au cancer. Cela touche tout le monde et à tout âge.

Emmanuel au premier plan, en tenue de sport pour prendre le départ de la course. Photo : Cactus-pays de Redon

Une force mentale

Lors du premier mois de traitement, je prenais le soin de m’habiller, c’était
important pour moi. Malgré l’isolement dans les 9 m2 de ma chambre d’hôpital, il, fallait que je reste apprêté. 
Je m’imaginais qu’en salle de pause, le personnel soignant se disait : « tu as vu, le petit jeune en chambre 3, il est courageux !! ».

Au premier plan, lors du départ de la course le 2 juin, Tatiana, secrétaire de l'association La Gacilienne contre les cancers, a, comme Emmanuel Danet cette année, partagé son témoignage lors de l'édition 2023.

(Si je pensais à m’habiller, c’était) surtout pour mes proches quand ils venaient me voir, pour qu’ils puissent voir quelqu’un d’enthousiaste et de fort face à la situation.

Ma maman avait toujours un mot gentil mais il fallait toujours la rassurer. Je n’ose même pas un instant être à sa place.

Ce qui est paradoxal, c’est qu’à de nombreuses reprises, j’ai dû réconforter et rassurer mes proches face à la maladie. C’est vrai que l’on arrive à déployer dans ces moments-là des forces inespérées et qu’avec le recul, c’est nous qui avons
la place la plus aisée car nous sommes acteurs !!

Imaginez vos enfants, votre compagne ou votre parent ! Tout le monde signe pour échanger sa place finalement…

Résumé en vidéo de la 3ème édition de La Gacilienne

Alors, quand j’ai vu ma maman assise face à moi, devant ce lit d’hôpital, j’étais heureux car je savais que j’avais les cartes en mains et que je ferai tout pour
que cela ne soit qu’une mauvaise passe !

Les premiers examens en janvier dernier ont montré que ce Lymphome hodgkinien disparaissait peu à peu de mon corps.

Alors pour que cela ne soit pas vain, j’aimerais que vous reteniez que c’est un cancer qui concerne principalement les jeunes adultes bien souvent
entre 20 – 30 ans et les personnes de plus de 60 ans, cas rare chez les enfants et les adolescents.

Cette maladie peut survenir à tout âge mais est plus fréquente chez les adolescents et les adultes jeunes. Elle représente 15 à 30% des lymphomes malins de l’enfant et les enfants représentent 5 à 10 % des patients atteints de maladie de Hodgkin tous âges confondus. Plus de 90% des enfants atteints d’une maladie de Hodgkin ont une évolution favorable de leur maladie sous traitement.

A l'arrivée de la boucle de 6 km environ parcourue dans le bourg de La gacilly, on se restaure notamment en mangeant une pomme... bio ! Logique quand on connaît l'impact de l'environnement dans la survenue d'un cancer. Photo : Cactus-pays de Redon

Cela se déclare par des troubles d’ordre physique comme les ganglions qui grossissent, accompagnés par des suées nocturnes, une perte de poids et des démangeaisons intempestives.
Mais finalement le plus important dans tout ça, ce sont les symptômes que
vous seul pouvez détecter.

C’est ce qui, dans mon cas, a fait la différence !

Le risque d'avoir perdu du temps...

Les symptômes que j’ai énumérés plus haut, ce sont des symptômes que nous pouvons retrouver dans notre quotidien. Qui n’est pas fatigué le matin avant d’aller au travail ?
Nous pouvons perdre du poids ou avoir des démangeaisons en fonction de notre métabolisme. Alors, surtout, écoutez-vous et n’hésitez pas à consulter des professionnels.

Vous ne ferez que perdre votre temps si cela s’avère négatif…

Dans mon cas, ce sont l’apparition de ganglions au niveau du cou qui m’ont
alerté et qui m’a poussé à les faire analyser mi-octobre.
Nous avons commencé le traitement début décembre. Cela a été très rapide et à
partir du moment où un cancer est pris à temps, le taux de guérison ou de
rémission est très élevé !

Je ne vous ai parlé que des points négatifs mais il y a un point positif que je voulais vous partager : pour moi à présent, la vie est plus belle.

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Retrouvez dans le numéro de mai-juin 2024 l’article présentant La Gacilienne

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