Le premier roman de Louise

Louise Sebillet, originaire de Peillac, a contribué à plusieurs reprises à Cactus. Mais c’est pour sa casquette d’écrivaine que le magazine s’intéresse à elle aujourd’hui. Auteure de « Hurler contre le vent » sorti début septembre, Louise entretient un rapport particulier avec l’écriture depuis des années.

Louise Sebillet
Louise Sebillet. Crédit photo : DR

Que raconte ton livre ?

Hurler contre le vent raconte l’histoire d’une jeune fille, Ama, qui grandit dans une petite communauté rurale sur l’île de Keljorden. Un jour, un évènement dramatique vient perturber le quotidien des iliens. La dure réalité de notre monde va peu à peu rattraper Ama et les siens.

J’ai toujours été passionnée par nos îles bretonnes ou anglo-normandes. Je m’en rends compte avec le recul. Un de mes premiers reportages vidéos lorsque j’étais en école de journalisme parlait du quotidien d’une jeune fille sur Houat. Plus tard, j’ai été journaliste pour Ouest-France à l’île aux Moines et l’île d’Arz. Et puis encore plus tard, lorsque j’étais en Ecosse fin 2014 pour faire une sorte de petit break sabbatique, j’ai découvert l’archipel de Saint Kilda qui a été évacué dans les années 30 à cause des conditions de vie très dures, de l’isolement… et du décès d’une jeune femme à cause d’une crise d’appendicite.

L’archipel de Saint Kilda m’a inspiré l’île de Keljorde. Je n’ai malheureusement pas pu y aller mais cette histoire m’a passionné.

Pourquoi ?

Je me suis imaginée être à leur place et que demain, on me dise « Vous quittez Saint-Perreux dans 6 mois et vous recommencez tout ailleurs. » Ou plutôt, Peillac, c’est là-bas que j’ai grandi.

Pour moi, ce livre, c’était surtout la rencontre entre la douceur de l’enfance et la rudesse du monde réel. Comment composer avec quand on a 10 ans ? Et après, comment grandir avec ça ?

Peux-tu expliquer ce qui te plaît ou t’attire dans l’écriture ?

C’est le moyen le plus simple pour moi de m’exprimer. Je ne suis pas une grande oratrice. Je suis plus à l’aise avec les mots. Je ne suis pas une poétesse dans le sens où je n’arrive pas à donner une musicalité aux mots. Mais j’aime raconter des histoires par l’écrit et je crois que je ne m’en sors pas trop mal…

Tu as été journaliste, puis tu as été médiathécaire, désormais tu écris… Ce n’est pas la même écriture, mais il y a le lien avec les mots, l’idée d’exprimer des faits, des idées, des histoires… As-tu identifié ce qui te fait écrire, ce qui te fait avoir ce lien étroit avec les mots en général ?

Les histoires bien sûr ! En journalisme, j’aimais beaucoup aller à la rencontre des gens pour connaître leur histoire, leur passé.

Alors pourquoi n’as-tu pas continué ce travail de journaliste ?

J’ai découvert un autre revers qui m’a un peu moins emballé. J’ai fait ma dernière année en alternance à Ouest France. La PQR a été pour moi assez révélatrice de ce que je ne voulais pas : il y avait très peu de temps pour fouiller les articles (normal, c’était du quotidien), et j’ai été mise très vite sur de la politique (on était en 2014 avec les municipales) et les faits divers (ça m’a clairement dégoutée). La presse quotidienne n’était pas faite pour moi, je n’étais pas assez mordante, je n’avais pas la niaque de l’info à chercher. J’ai vite déchanté.

Un article rédigé par Louise Sebillet en 2014 dans Ouest-France. Capture d'écran.

Comment arrives-tu à concilier travail et écriture ?

Je suis animatrice sur la commune de Saint-Jacut. J’interviens au centre de loisirs et au restaurant scolaire, et parfois avec l’école sur des actions plus ponctuelles. C’est un poste qui me permet d’aborder plein de sujets avec les enfants, de manière très concrète : l’écologie, l’égalité des sexes, la différence, la tolérance, les émotions. C’est très riche ! Et puis, sur un volet plus pratique, ça me libère pas mal de temps en période scolaire (pas pendant les vacances !) pour m’investir dans des associations (lecture à voix haute avec des gens du pays, escalade à Redon, anglais à Saint Jean) et pour réfléchir à un nouveau projet d’écriture.

Hurler-contre-le-vent

Édité par Novice. Lauréat du Prix du roman non publié.

A découvrir dans la boutique Libellune à Redon.

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A retrouver dans le numéro de novembre-décembre 2023

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