Covid-19 : résister !

Quand je me suis mise à étudier le pays de Redon, dans le cadre du projet “Redon 2032”, ce qui frappe le plus dans l’histoire mouvementée de ses habitants, c’est leur formidable esprit du sens de la justice, de résistance et de solidarité qui s’exprime tout au long des siècles et qui s’exprime aujourd’hui encore dans la multiplicité des associations qui existent ici.

J’ai toujours été personnellement fascinée par ce qui pouvait animer chacun et lui donner la force et le courage de résister.

Mon grand-père, Augustin Morillon, ancien élève du lycée Saint-Sauveur, et papa du Général Morillon qui a été appelé le “Général Courage” par des journalistes pour son acte de résistance à Srebrenica (1), a été le premier de sa famille à choisir la carrière des armes et ce après 1914-1918. Un choix surprenant pour beaucoup dans ces années de pacifisme très fortement partagé dans la jeunesse française de l’époque. Il est mort pour la France jeune papa en 1943. Son beau frère, Georges Sanchidrian, polytechnicien, résistant, membre du réseau Gallia-Darius, est mort quelque part près de Berlin après l’évacuation du camp de Dora par les allemands.

Georges Sanchidrian a été autorisé à peindre des fresques sur les murs du bloc du camp de concentration de Mittelbau-Dora. Celles de ces fresques qui ont été sauvées de la destruction dépeignent les contes de Perrault et sont conservées dans un musée mémoriel. Elles sont très émouvantes car elles témoignent de ce désir éperdu de beauté et de rêve demeuré au fond du coeur de tous ces hommes, prisonniers et gardiens, perdus tout au fond de l’inhumanité.

Renée, ma voisine de la rue des Chambots (Redon)…

Renée, ma voisine de la rue des Chambots, où elle a vécu les 20 dernières années de sa vie, était juive. Parisienne, elle a vécu cachée six mois dans une cave avec son frère quand elle avait 16 ans. Son père est mort à Auschwitz. Elle m’a raconté un jour qu’avec sa mère et son frère, ils ont voulu aller passer des vacances en Bavière juste après la guerre. Elle m’a raconté combien leur pension de famille était alors triste. Sa mère a fait alors un geste incroyable : elle s’est levée dans la salle de restauration, elle s’est mise au piano et a joué du Beethoveen pour redonner le sourire à tous ceux qui étaient présents. Des Allemands.

“Aujourd’hui, les allemands proposent des respirateurs à nos malades du virus.”

Aujourd’hui, les Allemands proposent des respirateurs à nos malades du virus habitant le grand Est et tous les habitants qui ne travaillent pas pour l’essentiel de nos vies, sont confinés. Nous avons tous vu ces images terribles venues d’Italie, montrant des personnes âgées, malades qui meurent seules, isolées. Elles sont posées à côté les unes des autres et ne pourront pas avoir de funérailles familiales.
Les Italiens chantent à leurs fenêtres. Nous sommes moins musiciens peut-être, nous les Français, et applaudissons tous ceux qui font tourner notre économie, nous permettent de nous ravitailler, nous soignent.

La création d’Elisabeth (en gros plan un peu plus haut)
installée sur la façade de sa maison

Nous avons tous des enfants et/ou des petits enfants confinés, nous sommes artistes peut-être, pourquoi ne pas nous proposer de pavoiser nos fenêtres avec des dessins sur des draps pour dire notre merci et rendre belles nos rues. Que chacun y puisse puiser de l’espoir, y compris ceux qui partent à l’hôpital avec la peur de mourir loin des leurs ?

Elisabeth Bourguet

(1)Le général Morillon a été premier commandant des forces de l’ONU en Yougoslavie pendant la guerre. Il a refusé en mars 1993 de quitter la population de cette ville menacée d’être massacrée par les Serbes en en appelant à l’opinion mondiale. Cela a fait un tel “buzz” que les serbes se sont retirés et qu’on l’a surnommé le général Courage. Il a été vite rappelé en France en Juillet 1993 et c’est son successeur le général Janvier qui a dû assister impuissant au massacre de Sebrenica en 1995. En savoir plus. ICI.

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