La reconversion réussie de Karine

Originaire de Bourgogne, Karine s’est installée dans le Pays de Redon il y a 15 ans. Tailleuse de pierres pendant 18 ans, elle est devenue, par hasard, agent technique pour la mairie de La Chapelle-de-Brain où elle vit. Un parcours à la fois atypique… et cohérent, qu’elle nous fait partager.

Dans la maison ancienne qu’elle rénove progressivement -et avec goût-, deux espaces laissent entrevoir sa passion pour la pierre et la sculpture. Une passion qu’elle entretient toujours, pendant ses pauses déjeuner ou quand l’entretien de son grand jardin et les travaux dans la maison lui en laissent le temps. Ses sculptures prennent généralement la forme de gargouilles et de chimères. Des sujets qui lui permettent d’exprimer un talent artistique qui s’est révélé au fil des années.

Karine sculptant chez elle (Photo : droits réservés Cactus)

Karine a découvert la taille de pierres à 19 ans. « A l’époque, je n’avais pas vraiment de projet. Je me suis retrouvé à travailler dans le cadre d’un contrat aidé au château de Guédelon, près de chez moi dans l’Yonne. J’ai appris sur le tas, ça m’a beaucou plu. Il faut être assez minutieux et soigneux, avoir un minimum de discipline. J’ai suivi une formation de 9 mois pour obtenir un CAP de tailleur de pierres. J’y suis resté six ans et puis j’ai voulu voir autre chose. A Guédelon, où le chantier consiste à construire un château du Moyen-Age, on est axés sur un thème. J’ai eu envie de travailler avec d’autres techniques, sur d’autres pierres, avec d’autres gens… Et j’avais envie de quitter ma région natale ! »

Karine arrive en Pays de Redon où elle est embauchée dans une entreprise restauration du patrimoine de Redon. Pendant 12 ans, elle participe à des chantiers aussi divers que la rénovation du cloître Saint-Sauveur et du tribunal, ou des travaux de maçonnerie chez des particuliers. « Même quand on est tailleur de pierres, il faut être polyvalent dans une entreprise de taille moyenne qui ne peut pas avoir que des contrats dans le patrimoine. Monter des échafaudages, appliquer des enduits à la chaux ou manipuler le marteau-piqueur faisaient partie de mon quotidien », explique Karine.

(Photo : droits réservés Cactus)

Malgré une formation de 4 mois effectuée sur cette période à Volvic pour approfondir son intérêt pour la sculpture de pierres, Karine n’y trouve plus son compte. Comme la taille de pierres continue à l’intéresser, elle pense un temps chercher une entreprise qui lui permettrait de ne faire que ça. Mais, elle se rend compte qu’elle devrait alors quitter le coin qu’elle aime particulièrement et où elle se sent bien.

Un changement de vie

« J’ai quitté mon emploi sans avoir de solution de remplacement… Et puis, un jour, des voisins m’apprennent qu’un employé communal aux services techniques part à la retraite. J’aime bien bricoler, j’ai déjà travaillé le bois, j’ai fait dans le passé un peu de charpente, j’ai un intérêt pour les jardins d’art… Mais, je me dis : tu n’as pas le profil ! J’ai postulé quand même, et contre toute attente, j’ai été choisie ! »

Les élus de La Chapelle-de-Brain apprécient la polyvalence que Karine a acquis tout au long de ses expériences et aussi sa fibre créatrice, voire artistique. Le poste évolue. Les permis pour conduire les engins du service technique, Karine ne les a pas, mais une réelle complémentarité se trouve avec ses deux collègues. Elle passe le permis pour remorque car son poste comprend les espaces verts. La tonte et le débroussaillage seront plutôt assurés par un de ses collègues. Karine peut dégager du temps pour mener à bien des projets comme la plantation d’un nouveau massif complété par une création artistique ou de mobilier.

Une des réalisations imaginées et conçues par Karine et ses collègues du Service technique.
(Photo : droits réservés Cactus)

Karine est ravie de ce nouveau travail. Après une première année en CDD puis une année de stagiaire de la Fonction publique territoriale, elle est titularisée à la mairie. Elle découvre « un autre monde » que celui de l’entreprise. « On est très sollicités, que cela soit par les élus ou par les habitants. Je peux être sur un chantier et être appelé car il faut aller dans une salle ranger des tables rapidement. Quand je suis en extérieur, les gens viennent au contact pour savoir ce qu’on prépare, poser une question, faire une remarque. Au début, c’était perturbant car en entreprise, on te dit de faire telle chose en tant de temps…. Maintenant, c’est bon ! J’apprécie de pouvoir être plutôt autonome dans mon travail tout en étant en contact avec d’autres personnes. Et les élus sont super ouverts aux propositions qu’on peut exprimer. »

Et hop, une cabine téléphonique transformée en boîte à livres ! Merci Karine 😉

Parmi les réalisations pour lesquelles Karine s’est particulièrement investie : le colombarium entamé à son arrivée en mairie et qui est sur le point d’aboutir grâce à ses compétences en maçonnerie ; une cabine téléphonique réaménagée en boîte à livres ; des jardinières originales créées à partir de baignoires en fonte récupérées auprès d’habitants… « On privilégie le circuit-court pour éviter d’acheter du matériel neuf qui coûte cher. On a ainsi utilisé du douglas qui pousse dans un bois de la commune pour faire du bardage. »

Une reconversion de matériaux réussie… comme celle de Karine !

Vous aimez les histoires de reconversion, découvrez le parcours de Typhène dans le n°24 de Cactus-Pays de Redon (Disponible également en lecture numérique via ce lien : https://www.cactus-paysderedon.fr/numeros-precedents/