Poser un regard sur un événement, un objet, une personne, c’est ce que l’on peut attendre des photographes, non ? Gwenola, Philippe et Guillaume proposent en prime de partager leur passion avec les 1ères Rencontres photographiques en Pays de Redon, qui auront lieu des 3 au 27 août. En avant-première dans Cactus !
Gwénola Furic : Construire une ville

La photographie est un moyen très pratique de refaire le monde à ma façon. Nul besoin d’aller bien loin : dans des rues en apparence anodines, on trouve toujours des éléments intéressants : un pignon de forme un peu bancale, un pan de mur marqué par le temps, un rideau de fer antique… Dans les zones industrielles aussi, où le hasard fait se rencontrer, pour peu qu’on les recherche, des éléments qui soudain fonctionnent ensemble visuellement. Je travaille les jours gris, où la lumière égale met en valeur toutes les nuances colorées du béton, du métal, de la pierre et du temps qui passe. Par commodité, je photographie avec mon portable, qui se glisse si facilement dans la poche. De retour à l’atelier, je découpe les images aux ciseaux, je les triture et les arrange à ma guise : c’est un jeu de (re)construction. Ici, c’est Redon, mais c’est aussi ma ville imaginaire, faite d’idées de maisons, d’une rue sans fin et de portes qui ne donnent peut-être sur rien – ou sur l’infini de la rêverie.
En-dehors de la création, je travaille avec les musées et archives pour les aider à conserver et restaurer leurs fonds photographiques. A travers l’événement que nous organisons cet été, j’ai envie de partager avec le public cette passion de la photographie ancienne et contemporaine qui m’habite et me construit depuis toujours.
Philippe Caharel : Paysages (Séquences)

Redonnais depuis 2011, je découvre mon cadre de vie en le prenant pour sujet d’étude. Pour ce faire, je questionne le paysage naturel ou urbain, la place de l’homme dans celui-ci et l’usage qu’il peut en faire. Les lieux changent continuellement, les arbres grandissent, l’homme défriche, plante, construit, déconstruit. Afin de rendre compte de cette évolution perpétuelle et pour capter toutes ces interactions, seule la reconduction photographique permet d’observer ces mouvements du paysage dans la continuité. La reconduction en photographie, c’est la reprise de vues à l’identique d’un même lieu à des périodes plus ou moins régulières. Cette méthode demande par expérience une certaine attention : position, appareil, cadrage, focale, heure et lumière doivent être similaire. Toute différence trouble la comparaison. Peut-être l’occasion de regarder autrement ces paysages mouvants, de les redécouvrir et de constater ce qu’ils sont devenus.
Auteur photographe, je mène aujourd’hui une démarche personnelle sur les interactions entre l’homme et le territoire. Je souhaite que cet événement photographique à Redon soit un moyen d’aller à la rencontre de l’autre, de faire partager passion et expérience photographique.
Guillaume Huet : Hasards de vues
Je ne cherche pas mes images, je les trouve en observant simplement les choses. Sensible aux détails qui font la différence, hyper-réceptif aux perspectives graphiques et aux empreintes laissées aussi bien par l’homme que par le temps sur les lieux, les objets et les matières, je capte ce qui le plus souvent nous échappe ou nous indiffère dans notre environnement le plus proche. Le Pays de Redon est riche de contrastes, de lumières, de lignes et de reliefs, riche d’Histoire et d’histoires… Notre territoire est beau et surprenant, photographions et montrons-le !
Retrouvez le programme jour par jour des Rencontres photographiques dans l’agenda de Cactus !