Jean Piépié et Roger Pidgel, une rencontre qui détonne

A l’occasion du passage de Jean Piépié à Redon les 16 et 17 janvier, Cactus lui a proposé de rencontrer Roger Pidgel. Ils ont fait un brin de causette et Cactus a finalement découvert les deux comédiens qui campent ces personnages hauts en couleurs, originaires du Pays de Redon : Yannick Chotard et Anthony Sérazin.

Yannick Chotard en Jean Piépié. Crédit Photo : Guillaume Huet.
Yannick Chotard en Jean Piépié. Crédit Photo : Guillaume Huet.

Cactus : D’où vient ton personnage de Jean Piépié ?

Yannick Chotard : Jean Piépié est né à Redon à la fin des années 90 ! J’étais artiste de rue, je crachais du feu, je faisais le fakir… En parallèle, j’étais inscrit à un atelier théâtre, Arkiane. Un jour, on devait inventer un personnage. Je suis arrivé en bottes, en treillis, une casquette sur la tête… Mon personnage, c’était Piépié qui participait à un cours de théâtre. Il était né. Pendant cinq ans, j’étais à la fois le Jean Piépié du spectacle que j’avais écrit avec un copain comédien de Rieux, qui jouait P’tit Michou, et l’artiste de rue qui marchait sur les braises…

Cactus : Dis-nous qui est Jean Piépié…

Yannick Chotard : c’est un célibataire. Enfin, il est divorcé. Il est même revenu chez sa mère. Il parle de l’évolution de la société : des supermarchés, des normes européennes, des déserts médicaux… Je me suis inspiré d’un gars de Théhillac, où je vis.

Jean Piépié, c’est pas le beau gosse quand même ! Comme Roger Pidgel d’ailleurs…

Anthony Sérazin : Pour Roger, le temps s’est arrêté dans les années 80 question vestimentaire. Physiquement, c’est pas top non plus, il a des dents pourries…

Anthony Sérazin en Roger Pidgel. Crédit photo : Myriam Jég
Anthony Sérazin en Roger Pidgel.
Crédit photo : Myriam Jégat

Cactus : Tu ne crains pas qu’il donne une image négative du coin, même de Peillac d’où tu es ?

Anthony Sérazin : C’est sûr, Roger n’a pas une bonne image aux yeux de tous. On peut le trouver trop « plouc », trop « rural ». Roger Pidgel est un journaliste vedette de TVilaine, toujours « au cœur de l’événement ». Je l’avais imaginé il y a 14 ans quand le Groupement culturel breton des Pays de Vilaine m’avait demandé de faire un reportage vidéo sur le week-end de la Bogue (1). Roger, c’est un mélange d’un client du bar que tenaient mes parents et de Roger Gicquel, quand il présentait l’émission « En flânant avec Roger Gicquel ».

Quand j’ai créé ma compagnie, Orange givrée, il y a trois ans, j’ai pensé arrêté de le jouer. Je me disais qu’il pouvait me nuire professionnellement pour faire autre chose. Et puis, non. Au contraire, beaucoup de gens m’ont encouragé à continuer.

Cactus : Comment expliquer ça justement, cette forme d’attachement du public à deux personnages à qui on ne voudrait surtout pas ressembler ?

Anthony Sérazin : Parfois, on me compare à l’humoriste Jean-Yves Lafesse. Moi, je trouve qu’il va trop loin dans la moquerie. Pour ma part, je ne me moque pas plus des gens que de moi. C’est pour ça que ça passe et qu’on a même une grande liberté de parole. Le fait d’être en décalage avec la réalité nous permet de bien viser…

Yannick Chotard : tout à fait d’accord ! Je remarque la même chose quand je fais de l’improvisation pour animer des repas. Le fait d’être dans l’interactif permet beaucoup. Mes spectacles sont engagés aussi. Au début, j’étais plus dans la caricature : Jean Piépié avait du bide, des lunettes double foyers… Et puis, dès le deuxième spectacle (Lait Temps Maudernes), on a vu qu’il n’était pas nécessaire de grossir les traits. On a fait évoluer les personnages, puisque Jean Piépié n’est pas seul sur scène.

(1)Yannick Chotard s’est vu décerner la Bogue d’or Menterie 2015.

 

Rendez-vous au P’tit théâtre

affiche jean-piepie

Yannick Chotard jouera son spectacle au P’tit Théâtre Notre-Dame à Redon le samedi 16 janvier à 20h30 et le dimanche 17 janvier à 15h30. Contact et infos : leptittheatrenotredame@gmail.com

Tarifs : 12 € en prévente à l’accueil d’Intermarché Cap Nord. 15€ sur place le jour du spectacle