
La remplaçante, une BD pour parler de la dépression post-partum. 3 questions à son autrice Sophie Adriansen qui vit dans le Morbihan et a accouché à la maternité de Redon.
C’est à la naissance de votre deuxième enfant que vous est venue l’idée de ce livre sur la dépression post-partum qui touche près de 20% des femmes accouchées. Soit trois années après votre premier accouchement et la dépression que vous avez connue.
Pourquoi avez-vous eu ce besoin de revenir sur cet épisode de votre vie ?
Ma deuxième grossesse a marqué la fin de ma dépression post-partum. Pour mon deuxième enfant, j’ai choisi d’accoucher à la maternité de Redon. Juste après la naissance, j’ai croisé dans le couloir de la maternité une jeune maman qui ne parvenait pas à sourire et je me suis revue hébétée, sidérée après la naissance de mon premier bébé trois ans plus tôt. J’ai décidé de tout mettre en oeuvre pour ne pas connaître de nouvel épisode dépressif, et aussi de raconter ce qui m’aurait aidé à l’époque et pouvait éventuellement aider les jeunes mères, comme celle croisée dans le couloir. Quelques temps plus tard, à la maison, l’histoire a pris forme.
La remplaçante est une BD et non un livre de conseils, genre « Devenir mère, mode d’emploi ».
Pourquoi avoir choisi la BD pour raconter, avec l’illustratrice Mathou, les difficultés qui surviennent chez certaines femmes à travers l’arrivée d’un bébé dans la vie de Marketa et Clovis ?
Je suis romancière avant d’être scénariste, et passionnée depuis près de vingt ans par le sujet de la naissance. J’ai déjà écrit sur cette question (notamment mon roman Linea nigra, qui est ressorti cette année en format poche), et je sais que la fiction a souvent plus de pouvoir que les ouvrages théoriques. Surtout, je ne voulais pas donner de conseils ! Juste partager mon expérience et les leçons que j’en ai tirées. Quand l’histoire a pris forme, le format aussi s’est imposé. La BD permet de raconter aussi sans mots, parce que certaines situations se passent de commentaires, et est plus accessible que le roman.
Vous expliquez que vous avez voulu écrire ce livre pour aider les mères à être mieux préparées à l’arrivée de leur enfant et à mieux vivre ce moment. La préparation à l’accouchement et le suivi après l’accouchement ne suffisent donc pas d’après vous ?
Ils sont nécessaires mais pas suffisants. La préparation à l’accouchement prépare trop peu aux aspects psychologiques et émotionnels de l’après, le suivi post-accouchement est davantage focalisé sur l’enfant que sur la mère. Or le bien-être du bébé est directement lié à celui de la maman ! Et les dépressions post-partum, fréquentes, se déclarent à des moments différents en fonction des femmes et des circonstances. Je crois qu’il est vraiment important de reconsidérer ce suivi, sur le plan psychologique notamment, sans oublier non plus d’y impliquer le partenaire. C’est toute la société qui s’en portera mieux.
La remplaçante. 19,95€. Editeur : First.
Découvrir Sophie Adriansen : www.sophieadriansen.fr/
L’encyclopédie des peurs, tome 1. 3 questions à Benoît Broyart, auteur jeunesse qui vit à Peillac.
Une grand-mère qui veut se servir de sa petite-fille pour renouer avec l’achluophobie (la peur du noir)… C’est pas très cool, ça !
Clara n’est pas ce qu’on peut appeler une grand-mère cool. Elle est acariâtre et autoritaire… très embêtée aussi quand elle découvre le forfait perpétré par son chien Raspoutine. Si Lili arrive comme un cheveu sur la soupe dans l’univers de la vieille aventurière, Clara (la grand-mère) se rend compte rapidement que sa petite-fille est son seul recours pour reconstituer son encyclopédie.
Pourquoi avoir imaginé une histoire dessinée sur les peurs ?
Les peurs font partie de l’enfance. Elles sont légions. Peur du noir, peur de l’eau, peur des fantômes, peur des clowns, etc. La liste est sans fin. C’est une source d’inspiration intarissable.
La BD permet-elle d’aborder plus facilement un sujet pas forcément léger, qui peut résonner, surtout auprès des enfants ?
L’encyclopédie des peurs est une bande dessinée… pour dédramatiser, pour rire. Si elle peut faire du bien aux enfants, tant mieux, mais elle est davantage un divertissement qu’un médicament.
L’encyclopédie des peurs, tome 1 L’achluophobie. Avec l’illustrateur Ewen Blain. 12,95€. Editeur : Jungle
Découvrir Benoît Broyart : https://benoitbroyart.fr/


50 exercices pour ne plus subir ses émotions. 3 questions à Valérie Di Daniel, psychopraticienne, formatrice de pleine conscience et de méditation, exerçant à La Gacilly
Pouvez-vous donner des exemples d’émotions que l’on peut subir ?
Les principales émotions sont la joie, la peur, la tristesse et la colère. La joie est vécue comme agréable et positive. Quant aux trois autres, elles ont une connotation négative et très désagréable.
On peut dire que l’on subit une émotion dès lors qu’on s’installe dans une attitude passive vis-à-vis de son arrivée.
C’est-à-dire que l’on se laisse envahir par elle, parce qu’on ne l’a pas vue arriver. Elle nous submerge en un claquement de doigt et on ressent immédiatement son impact à l’intérieur de nous, qui peut être très pénible. Devant cette pénibilité, la réaction est immédiate (attaquer, agresser, s’enfuir, se replier, se figer, s’effondrer).
Comment vous est venue cette idée ?
J’étais une enfant hypersensible et j’ai souffert de bégaiement à l’âge de 6 ans. Du point de vue psychologique, ce handicap m’a invité à la résilience. Il m’a fallu trouver des solutions et j’ai dû apprendre à mieux connaître le fonctionnement humain et notamment la dimension émotionnelle de l’être humain. D’un point de vue écologique, j’ai appris à connaître et à rétablir mon propre écosystème à chaque fois qu’il était perturbé. C’est une histoire de vie qui a orienté et dessiné mon parcours personnel et professionnel.
Ce que vous proposez, c’est d’apprendre à reconnaître les émotions qui nous perturbent pour mieux vivre avec, mieux les dompter. Est-ce possible ?
Oui et j’en suis l’exemple vivant. Apprendre à y voir clair sur ce que nous sommes vraiment, de quoi nous sommes faits, ce qui nous constitue (corps-émotions, énergie, conscience, mental, esprit).
S’intéresser de manière approfondie à notre dimension émotionnelle. L’étudier de plus près en quelque sorte, pour mieux la connaître et la comprendre. Et surtout sortir du mode automatique, de la réaction qui déclenche un comportement le plus souvent inadapté.
Oui nous pouvons dompter nos émotions dans le sens où nous ne sommes pas que nos émotions. Elles font partie de nous, elles sont bien là et elles viennent nous délivrer un message que nous devons apprendre à déchiffrer. Savoir gérer ses émotions est une compétence. Si vous voulez intégrer cette compétence, comme pour tout apprentissage, cela va demander un peu d’observation et d’entraînement. La particularité c’est que nous devons partir de l’intérieur de nous-même et non de l’extérieur ! Voilà la raison d’être du livre, vous familiariser avec cette dimension de vous-même, par l’observation et des clés de compréhension.
50 exercices pour ne plus subir nos émotions. 12€. Editions Eyrolles.
Retrouvez cet article dans le magazine de novembre-décembre 2021 de Cactus-Pays de Redon.
