Est-ce une avancée pour mettre un peu d’humain dans les relations entre administrations et citoyens ? Sans doute ! Pascale Vacheret vient d’être nommée déléguée bénévole à la « Défenseure des droits » à Redon.
Une « super médiatrice », et non une militante, dotée de certains pouvoirs.
Cactus : Une « défenseure des droits », comment ça marche ?
Pascale Vacheret : Comme les 570 autres délégués du Défenseur des droits, toute personne qui estime que ses droits n’ont pas été respectés peut solliciter un rendez-vous avec moi. Je peux être saisie gratuitement en cas de litige avec une administration ou un service public, en cas de discrimination ou de harcèlement discriminatoire/sexuel, en cas d’atteintes aux droits ou à l’intérêt supérieur d’un enfant et en cas de différend mettant en cause le respect de la déontologie par des professionnels de la sécurité.
Le Défenseur des droits est une autorité administrative indépendante. Claire Hédon, la Défenseure des droits actuelle, et nous autres délégués, avons une mission d’écoute, d’information, d’orientation et de médiation afin de trouver une solution rapide et pragmatique aux litiges portés à notre connaissance.
Cactus : C’est une sacrée mission que vous avez là ! Mais le fait d’être vous-même issue de la Fonction publique ne risque-t-il pas d’atténuer votre regard critique sur les demandes pour lesquelles on vous sollicite ?
P. Vacheret : Je dirais : au contraire. J’ai travaillé dans la Fonction publique territoriale depuis 1997. Surtout dans l’action culturelle, et aussi dans l’administration générale en étant responsable du secrétariat général de Redon agglomération.
De ce fait, je connais bien le territoire et les mécanismes de la Fonction publique en général. Je me rends compte que le fonctionnement des administrations est compliqué à comprendre pour le public.
Arrivée à la retraite, cela m’a paru assez naturel de croiser mes expériences professionnelles et mon appétence pour la pédagogie. Car, agir pour la promotion du droit, pour faciliter l’accès aux droits, demande beaucoup de pédagogie. Cela va paraître sans doute un peu pompeux mais la devise de la République (Liberté, égalité, fraternité), ça me parle complétement ! La justice et le principe d’équité et de transparence sont des valeurs profondes pour moi.
Cactus : Alors, si on estime qu’on est victime d’une injustice, on peut venir vous voir ?
P. Vacheret : Je ne suis pas Zorro non plus ! Le maître-mot, c’est faire de la médiation. Rétablir le dialogue entre le citoyen et l’administration ou un organisme autre. Il s’agit de trouver une solution, une issue au problème. Pour cela, je ne peux pas prendre partie. Je ne peux pas aller à l’encontre d’une décision. En revanche, si, avec le « réclamant », je constate qu’il y a eu un dysfonctionnement dans la procédure, que ce dernier attend une réponse depuis un temps interminable, voire qu’il y a carrément absence de réponse, là, j’ai un levier pour trouver une solution.
Ecouter... pour déterminer l'action possible
Cactus : Beaucoup de problèmes ne viennent-ils pas du fait que la plupart des démarches doivent être effectuées sur Internet ? D’abord, tout le monde ne maîtrise pas l’outil. Mais aussi, cela arrive que ce fonctionnement -déshumanisé- génère de l’incompréhension.
P. Vacheret : La « dématérialisation » est un vrai problème, c’est vrai. Il y a un point de vigilance sur ce sujet. Par exemple, les difficultés avec une caisse de retraite semblent fréquentes. Quel que soit le problème soulevé par la personne, la première étape est d’écouter. Je fais un état des lieux pour reprendre point par point tout ce qui a été fait afin d’identifier l’élément sur lequel je vais pouvoir m’appuyer pour interpeller l’administration ou l’organisme.
Le champ d’intervention du Défenseur des droits est très large. Je peux m’appuyer sur les instances régionale et nationale.
Demande de rendez-vous à l’accueil du 3 rue Charles Sillard à Redon, ou par téléphone (02 99 70 34 34) ou par mail (pascale.vacheret@defenseurdesdroits.fr). Permanence : les 1er et 3ème mercredis du mois.
Pour aller + loin : www.defenseurdesdroits.fr/asso.chircsoutienserein@gmail.com
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A retrouver dans le magazine papier de mars-avril 2025