Concernée par une maladie cardiaque, la Redonnaise Louise Droguet s’active en tant que présidente de la Ligue contre la cardiomyopathie. Fin septembre, deux événements sont organisés à Redon où le siège social de l’association se trouve. L’occasion de rencontrer la jeune femme qui a accepté de raconter son parcours dans le but de sensibiliser et d’aider.
A 26 ans, Louise préfère miser sur le cheval -sa passion jusque là contrariée- que sur une carrière sans doute toute tracée à France Télévisions Publicité. Un risque professionnel mais une nécessité pour elle, son bien-être. En début d’hiver, la jeune femme va donc partir en Corse se former au métier de guide équestre. L’étape suivante sera de pouvoir exercer cette activité qui allie le cheval donc mais aussi la nature. « Aujourd’hui, j’ai envie de relationnel plus vrai et de concret… », précise-t-elle.
Ce projet de reconversion est le signe que Louise va bien et se projette, quand, jusqu’à présent, sa vie a été beaucoup rythmée par la maladie pour laquelle elle a été diagnostiquée à 2 ans : une cardiomyopathie.
Il existe quatre formes principales de cette malformation cardiaque qui toucherait au moins 3 personnes sur 1000 en Europe : elle se manifeste par un dysfonctionnement du myocarde, qui peine à pomper le sang correctement. Toutes les formes de cardiomyopathie peuvent entraîner un décès prématuré à cause des anomalies du rythme cardiaque (arythmies) et d’une insuffisance cardiaque progressive.
Pour la jeune Redonnaise et ses parents, la vie est comme entre parenthèses. « Je me souviens qu’il a toujours fallu faire attention à la pratique physique qui était très limitée, très contrôlée, avec des perspectives plutôt négatives. Malgré cela, j’ai débuté le cheval vers mes 10 ans. Bien sûr, je n’avais pas le droit de faire de compétitions. C’était difficile de suivre en étant essoufflée. Alors de là à en faire son métier… »
L’état de santé de Louise se dégrade malheureusement quand elle a 14 ans. « J’étais en insuffisance cardiaque à ce moment-là, raconte-t-elle. C’était compliqué de se doucher. Faire mes lacets m’essouflait ! J’étais constamment fatiguée. Mais je ne souffrais pas. C’était devenu ma normalité. Et celle de mes parents. Nous sommes une famille touchée par la cardiomyopathie qui est la maladie cardiaque génétique la plus courante. J’ai toujours pu m’exprimer au sein de la famille sur la maladie, ce n’était pas tabou. »
Partager son parcours
Malgré la mise en place d’un traitement médicamenteux à 14 ans pour compenser l’insuffisance cardiaque, une greffe du coeur est réalisée en 2021. Louise a alors 20 ans. Si son parcours d’étudiante se poursuit quasi normalement, la vie de la jeune femme se complique. « La greffe a été très dure à accepter. Il m’a fallu 2 à 3 ans pour trouver une forme d’équilibre physique comme mental. Il faut redécouvrir son corps, ses limites, accepter les effets très lourds des médicaments, et surtout je découvre alors une nouveauté pour moi : la douleur ! C’est toujours dur aujourd’hui, car on ne maîtrise pas la suite, même si on fait « tout bien »… ».
A regarder le témoignage de Louise en vidéo
L’idée de la mère de Louise de reprendre les rênes de la Ligue contre la Cardiomyopathie il y a un an a été un vrai plus pour la future ex-chargée de communication. « L’association m’a beaucoup aidée, comme elle a été un soutien très important pour mes parents. Sa fondatrice voulant arrêter son engagement, nous nous sommes organisées avec ma maman pour poursuivre l’action. Pour moi, c’est un moyen de partager mon parcours, de me rendre utile, d’être portée par cette envie d’informer, d’accompagner les personnes touchées... »
La Ligue contre la Cardiomyopathie a désormais son siège social à Redon. C’est tout naturellement que sa prochaine Journée nationale a lieu sur place en présence de plusieurs cardiologues. Et, date à retenir, le spectacle, cette fois-ci ouvert à tous, intitulé « Battements contraires », sera joué le vendredi 25 septembre à 20h30 au Carré 9 à Redon. « C’est vraiment une super pièce de théâtre qui a été écrite par deux membres de l’association, dont Caroline qui est comédienne, explique Louise. Bien sûr, je me retrouve dans un des personnages qui est joué car le spectacle montre les étapes auxquelles les patients sont confrontés, mais, et c’est la force du spectacle, cela permet de sensibiliser le public ! » Précisons que grâce aux nombreux mécènes locaux, toutes les recettes du spectacle seront reversées à des programmes de recherche médicale.
Billetterie accessible ICI.
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A retrouver (en version papier) dans le numéro de septembre-octobre 2026