A vélo sans âge… Une belle promesse que Sylvie concrétise avec 25 autres bénévoles depuis avril 2024. Résidents de maison de retraite ou d’un foyer pour personnes en situation de handicap, familles en mal de mobilité, sont invités à monter à bord des vélos triporteurs. Comme ce jour-là du mois de septembre.
Ce lundi après-midi, direction le Foyer du Tertre à Redon. L’équipe de l’antenne locale de l’association nationale « À Vélo sans âge » est composée de deux pilotes des vélos triporteurs : deux Pascal, et de trois voltigeurs : Alain, Sylvie et Marie-Edith. Ces derniers vont assurer la sécurité du convoi.
La rue monte pour atteindre le point de départ, mais les deux gros vélos triporteurs sont dotés d’un système très performant d’assistance électrique, ce qui rend l’ascension facile. C’est essentiel : avec deux passagers assis sur la banquette, et sans oublier le conducteur, l’ensemble doit approcher des 300 kilos !
Selon le plan établi avec l’animatrice de cette Maison d’accueil pour personnes âges handicapées, ce sont Patrice et Bernard, sur le premier vélo, et Catherine et Thierry, sur le second, qui vont pouvoir profiter de cette balade au grand air. Ils ont de la chance : le soleil est de la partie. « Ca serait pas mal de prévoir des casquettes, non ? », propose Pascal S. à ses deux passagers.
Une petite ambiance sympa
C’est parti pour une bonne heure de circuit. On rejoint d’abord la Vilaine et son chemin de halage. Pascal S. interroge Bernard : « Tu veux quoi comme musique aujourd’hui ? ». C’est au choix : Bernard demande Enrico Macias. « Parfois, certains passagers demandent de la musique plus actuelle, on s’adapte ! », explique Pascal. L’important est de créer une petite ambiance sympa qui va faire voyager les passagers dans tous les sens du terme.
Les deux conducteurs sont constamment en relation avec leur équipage. Pascal B. commente beaucoup, de sa voix douce et posée : « On va retrouver un peu plus de circulation à partir de maintenant » ; « Là, c’est le conservatoire de musique… »
Pascal S. est, lui, à l’affût de tout ce qui pourrait susciter de l’étonnement, une ouverture vers une sensation, un échange de regard.
Et tous les prétextes sont bons pour interpeller les 4 passagers : une famille de cygnes sous le viaduc, un arbre impressionnant au bord du halage, un pêcheur à la Croix des marins, même les boutiques de la Grande rue ! « Au-delà de la balade en vélo, ce que l’on souhaite offrir aux personnes qui n’ont plus la possibilité de se déplacer seul, à vélo ou non, c’est un grand bol d’air pour leur corps et leur tête », explique Sylvie, à l’initiative de l’action.
La proposition fait son effet à en croire l’attitude notamment de Catherine qui n’arrête pas d’interagir avec les voltigeurs et les pilotes. L’effet est tout aussi positif sur Marie-Edith, jeune retraitée et devenue bénévole. « Que demander de mieux comme activité : on est à vélo, au grand air, au milieu d’une équipe sympa avec des gens empathiques… moi, j’adore ! »
Sylvie n’a pas compté ses heures, d’abord pour décrocher deux subventions auprès du Département d’Ille-et-Vilaine et d’une fondation, qui ont permis d’acheter les deux triporteurs, puis pour faire connaître le dispositif auprès de structures locales. L’EHPAD des Charmilles est le plus gros demandeur. Avec d’autres structures, cela peut être plus ponctuel comme avec l’Institut d’Education Motrice La Clarté. « On a pu transporter des enfants pour qu’ils puissent accompagner d’autres jeunes qui se rendaient à leurs activités sportives. C’était très positif ! ».
Parfois, des demandes de particuliers arrivent, comme il y a quelques semaines de la part des enfants d’un monsieur de 95 ans. « C’était une belle surprise pour son anniversaire ! Il avait invité sa sœur, âgée elle aussi. On a pu les balader avec autour les enfants sur leurs propres vélos. »
> Reportage vidéo lors de la balade avec l’association « À vélo sans âges »
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A retrouver en version papier dans le numéro de novembre-décembre 2025