(Version plus enrichie que la version publiée dans le magazine papier) Tester, créer, jouer avec les contraires, oser… Laurence Pelé est devenue créatrice professionnelle après une carrière de 32 ans de coiffeuse. Un parcours très personnel au cours duquel l’évidence -sa fibre créatrice- a pris le dessus, à son grand bonheur. Rencontre.
Les couleurs sont omniprésentes. Partout, sur les murs de sa maison -extérieurs comme intérieurs, sur la multitude d’objets créés ou en cours de finition, enfin sur ses vêtements, bijoux et lunettes.
Bienvenue dans l’univers -coloré donc- de Laurence ! « C’est ma patte ! », dit-elle d’emblée. Sa touche très personnelle, sa différence, sa liberté. « J’aime associer le vert et le bleu, ou l’orange et le rouge… des couleurs qui faisaient hurler les loups, comme me le disait ma maman. J’ai toujours été attirée par les couleurs, au point d’oser ces mélanges interdits. Je ne joue qu’avec les contraires. »
Du 100% fait maison !
Laurence, ce sont donc des couleurs, mises au service d’envies et d’idées qui se concrétisent sous des formes très variées : bijoux (broches, boucles d’oreilles, barrettes…), attrape-rêves, tableaux peints, meubles relookés ou en carton… Tous les chemins de Laurence mènent à cet univers que l’on appelle « boho », pour bohème. « Les roulottes, le monde forain, les robes colorées… j’adore ! D’ailleurs, j’ai toujours le rêve d’avoir ma roulotte, peut-être un jour… »
En attendant la roulotte, le temps est au travail. Car création ne rime pas, mais pas du tout, avec oisiveté. Le cerveau fonctionne à plein régime 24 heures sur 24 pour faire émerger, au milieu des centaines de pages qu’elle noircit dans ses cahiers, des idées originales. Et le reste du temps, place à la fabrication. Et avec Laurence, c’est du 100 % fait maison ! La preuve en visitant sa maison-atelier : plein de bazar (c’est Laurence qui le dit !) dans lequel elle va pouvoir piocher et ainsi faire des tests.
Un exemple : de l’argile polymère sur lequel elle a posé des végétaux qui ont laissé des empreintes. Ensuite, la créatrice a mis des pastels, des encres et des pigments. Résultat : une barrette très jolie et originale, qu’il aura fallu finaliser, ce qui suppose ingéniosité et… encore quelques heures de travail.
Le succès est au rendez-vous
Dans les deux boutiques de créateurs où elle propose ses produits (1) et au cours des marchés et salons thématiques qu’elle choisit, sa production part bien. Les clients reconnaissent sa patte et la finesse de son travail. Le défi est donc relevé pour l’ancienne coiffeuse de Rieux qui a dû surmonter les réticences de certains : « quand je faisais part de mon envie de me lancer dans cette activité de créatrice, beaucoup de gens me disaient : tu ne vas pas pouvoir en vivre ! » Il y avait le doute aussi de savoir si ces créations allaient plaire.
Coiffeuse depuis ses 17 ans, installée à son compte quatre ans plus tard, Laurence a toujours utilisé ce talent. La décoration de son salon de coiffure, qu’elle imagine et réalise elle-même, remporte les suffrages. 7 ans avant de raccrocher les ciseaux, elle a même une seconde activité pour assouvir ce besoin de créer : « Jusqu’à 1 ou 2 heures du matin, je créais, et puis le lendemain j’enchaînais avec la coiffure. Ces années m’ont permis de tester, de vérifier si ça plaisait vraiment ». Surtout, elle se rassure elle-même. Autodidacte, elle se perfectionne au fur et à mesure, et se prouve que c’est possible ! Au point d’attirer l’attention d’une revue Américaine spécialisée dans la pâte polymère.
Une vraie thérapie
Et puis, il y a 9 ans, un drame personnel fait tout basculer. Le décès de sa sœur fait chavirer Laurence. D’autant que toutes les deux aimaient à parcourir les marchés de créateurs. « Heureusement, deux ans après le décès de ma sœur, ma fille Emilie m’a poussée à me lancer en reprenant elle-même le salon de coiffure. » Laurence se donne alors deux ans pour vérifier qu’elle va gagner sa vie en tant que créatrice. « Et puis ça a marché ! J’étais tellement bien dans ce que je faisais. Cela a été une vraie thérapie pour moi… »
Le temps est désormais à la recherche d’un meilleur équilibre entre ce travail de fabrication qui est très chronophage (« même quand je regarde la télé, je suis toujours à faire quelque chose de mes mains !« ) et le temps de la création. « J’aimerais avoir plus de temps pour créer, car finalement, c’est le fruit de toutes ces idées que je compile dans des cahiers et la recherche de nouveaux matériaux qui débouchent sur des créations originales que recherchent mes clients. »
Un vrai défi que souhaite relever Laurence, trop attachée au volet créatif de son activité pour se contenter de reproduire à l’infini des « recettes » qui marchent…
(1) Les pipelettes à Vannes et Ty cré à Redon.
Boutique en ligne : www.decolaure.fr/
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A retrouver en version papier dans le numéro de novembre-décembre 2025