Conseils pour la taille de fruitiers

Guidé par Pierre Danilo, responsable de la section pomologie de la Société d’horticulture du pays de Redon (SHPR), Cactus vous donne quelques conseils pour s’occuper de ses arbres fruitiers. Particulièrement lors de la taille d’hiver.

Sur les jeunes arbres, on procède tout d’abord à une taille dite de formation et cela pendant les deux ou trois premières années. Les années suivantes, on réalise une taille de fructification et d’entretien.

Une taille d’été (ou taille en vert) peut être aussi effectuée en juin.

La taille de formation est valable pour tous les arbres fruitiers. Ceux à noyaux ont pu être taillés plus tôt dans l’automne, quelque fois après la récolte (l’arbre supporte mieux la taille).

Parmi les arbres à pépins (pommiers, poiriers, cognassiers…), on peut noter que le châtaignier se taille idéalement quand l’arbre est encore en sève, en octobre, voire juqu’en novembre quand le temps est doux.

Premier conseil : il faut tailler idéalement par temps doux et éviter les jours de pluie et de gel.

Haro sur la charpentière

Aujourd’hui, la tendance est de plus en plus de faire une « taille libre » : on laisse l’arbre se développer. Mais il faut quand même respecter quelques principes. « Le plus important est de dégager le centre ; un puits de lumière doit exister, sinon l’intérieur se meurre, les branches sèchent et on ne récoltera des fruits qu’en périphérie », précise Pierre Danilo.

Pour que la lumière pénètre dans l’arbre, « on n’hésite pas à supprimer une charpentière ! », comme le dit Pierre. Les charpentières sont les branches principales de la structure de l’arbre. « On  laisse 3 ou 4 branches bien placées pour former un gobelet, une forme évasée en V… »

Sur les hautes tiges, après avoir réalisé le puits de lumière, on élimine les rejets « gourmands » (ce sont les pousses d’une année, qui prennent de la sève pour rien s’avèrent inutiles) et les branches qui se croisent pour éviter une blessure et ensuite l’apparition d’un chancre (champignon).

SHPR
Lors d'un des ateliers sur la taillle proposés par la SHPR, animé ici par Alain Richard. Crédit photo : SHPR

La coupe se pratique en biseau : on réalise une coupe inclinée au-dessus du bourgeon afin d’empêcher les gouttes d’eau d’aller sur le bourgeon (en cas de gèle, le bourgeon gélerait).

Préparer des greffons

Quand la sève est tombée, on prélève les jeunes pousses de l’année précédente et on les met en jauge. « Pour ma part, je les place dans du sable humide ou en bas d’un frigo. »

Pour les arbres à noyaux, le prélèvement s’opère en décembre et janvier ; pour les arbres à pépin, cela se pratique en janvier et février.

Conseil de Pierre : surtout, il faut penser à étiquetter les greffons en précisant le nom de la variété !

Le greffon sera ensuite positionné sur un « porte-greffes », qui servira de support et donnera de la vigueur à l’arbre.

« Pour ma part, je sème des pépins de pomme ou des noyaux de pêche pour obtenir un porte-greffes franc, explique Pierre. Ce qui est tout à fait adapté quand on veut avoir un arbre à haute tige. »

Mais, on reviendra dans le numéro de janvier-février sur les greffes.

 

2 ateliers proposées par la Société d’horticulture du pays de Redon

9 mars, démonstration de taille de formation pour jeunes sujets, taille d’entretien sur sujets plus âgés et traitements naturels des arbres fruitiers.

21 juin, démonstration de taille d’été (en vert).

9h, rendez-vous devant la piscine de Redon. 5 € non-adhérent. marie-paule.perinel@wanadoo.fr,  06 76 34 40 70.

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A retrouver dans le numéro de novembre-décembre 2023

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