“J’ai voulu mettre un coup de poing sur la table !”

La maire de Plessé a voulu interpeller le Gouvernement et les habitants en prenant un arrêté autorisant les commerces non-alimentaires de sa commune à rester ouvert malgré le confinement. Elle revient pour Cactus sur sa décision.

Crédit photo : SebO – Vivre à Plessé

Cactus : Aurélie Mézière, quelle est la situation à ce jour sur Plessé ?

Aurélie Mézière : Dès samedi, j’ai téléphoné aux commerçants qui n’étaient plus autorisés à ouvrir pour leur expliquer que je venais, en accord avec le conseil municipal, de prendre un arrêté pour leur permettre de rester ouvert, car je considère qu’il y aurait une inégalité de traitement entre les grandes surfaces qui peuvent poursuivre leur activité et les commerces locaux. Mais je leur ai demandé d’attendre que nous ayons le retour de la préfecture.

Je ne voulais pas que les commerçants se mettent dans l’illégalité !

L’arrêté en question a été transmis ce matin au service de contrôle de légalité de la Préfecture. Je pense que nous aurons un retour dans la journée.

Après, je suis tout à fait réaliste sur le fait que l’arrêté sera refusé puisqu’un décret est supérieur en droit à un arrêté…

La municipalité de Plessé communique auprès de ses habitants pour les inciter à privilégier les entreprises de proximité.

Cactus : Votre décision est donc symbolique ?

Aurélie Mézière : Je ne suis pas contre les supermarchés, mais je pense que les décisions sont prises sans tenir compte de la réalité de nos communes rurales et de leurs commerces. Les décisions sont prises en pensant aux grandes agglomérations. Mais, dans nos petites communes, nous sommes bien plus en sécurité !

Alors oui, cet arrêté, c’est un coup de poing sur la table, un moyen d’interpeller le Gouvernement.

L’arrêté pris par la maire de Plessé :

Cactus : Que répondez-vous au Ministre de l’économie qui a dit que les élus qui prenaient ce type d’arrêté étaient irresponsables ?

Aurélie Mézière : Non, nous ne sommes pas irresponsables. On n’invite pas les gens à aller dehors, on est conscient de la crise sanitaire que nous traversons. Mais, il ne faut pas sacrifier pour autant l’économie locale.

Cactus : Hier soir, l’annonce du Premier ministre tend à répondre à l’argument qu’il y aurait une inégalité de traitement entre grande distribution et petits commerces, en interdisant aux grandes surfaces de vendre à partir de demain mardi des produits qui ne sont pas considérés comme “essentiels”. Cela va dans le bon sens pour vous ?

Aurélie Mézière : Oui en partie. Mais Amazon et les autres géants du numérique vont continuer à augmenter leurs ventes et à récolter les fruits de cette situation. Je ne suis pas toujours dans l’expression d’un mécontentement, mais je pense que nous devons nous interroger collectivement sur le fait que tout fermer n’est pas la bonne solution.

C’est vrai, des mesures d’aide aux entreprises existent. Des solutions de “click & collect” se développent, même si c’est plus difficile à mettre en place pour un petit commerçant.

A chacun de s’interroger sur son mode de consommation. Chaque citoyen tient une partie de la solution !