Une chaîne humaine

Prendre un vélo d’occasion (un petit, un VTT, un de course ou pour les courses), en vérifier le fonctionnement et désosser si nécessaire, réparer, remonter, nettoyer… puis donner. Et on recommence ! A Un vélo pour l’Afrique, association de St-Nicolas, des rois de la bricole au cœur gros comme ça oeuvrent chaque jour.

Arnaud, réparateur en chef. (Photo : Cactus-Pays de Redon)

Parions que la nuit, les bénévoles et salariés de l’association Un vélo pour l’Afrique comptent les rayons des roues de vélos quand d’autres font défiler les moutons pour trouver le sommeil. Des vélos, ils en voient tellement passer. Donnés principalement par des particuliers, parce qu’ils sont devenus trop petits, trop vieux, pas assez rapides…, déclassés en quelque sorte, ils sont remis en état ou définitivement mis au rebut.

Voilà pour l’idée générale qui ne dit pas vraiment comment tout ça a commencé, comment ça se finit pour les vélos recyclés et comment l’association fonctionne.

Au commencement était Action Sans Frontière, une association de St-Nicolas qui mène des actions d’aide aux populations de pays d’Afrique de l’ouest, à travers notamment l’envoi de vélos. Magid Hallab, ancien médecin généraliste, a alors l’idée de monter un atelier de réparation pour acheminer des vélos en état de marche. Il y a 13 ans naît Un vélo pour l’Afrique.

De jeunes Béninois sur des vélos remis en état par Un vélo pour l’Afrique (Photo : Afrique Décide)

Cette action existe encore aujourd’hui. Récemment, Un vélo pour l’Afrique a mis à disposition (pour une somme plus que modique : 5€ pièce) de l’ONG Afrique Décide des vélos dans le cadre de l’opération menée au Bénin : «Un élève, un vélo» qui vise à lutter contre la déscolarisation chez les enfants issus de familles indigentes qui habitent très loin des collèges. Regardez bien cette photo, peut-être votre vélo a trouvé une seconde vie là-bas !

L’association Nicolasienne a accompagné ces vélos de plusieurs cartons de pièces de rechange.

Là-bas… et ici !

« Une fois par an, l’association donne 10 vélos à chacune de ces trois associations humanitaires de Redon : les Restos du cœur, la Croix-Rouge et le Secours populaire », explique Alain, un des trois salariés d’Un vélo pour l’Afrique avec Amélie (qui s’occupe de la gestion administrative) et Arnaud (sur la mécanique), sans oublier Ludo actuellement en Service civique.

Alain, un des animateurs de l’association (Photo : Cactus-Pays de Redon)

Alain insiste sur le lien social que génère Un vélo pour l’Afrique. Le vélo, c’est la porte d’entrée. Le maillon (de la chaîne… de vélo évidemment) qui met en relation des gens d’ici, des gens d’ici et de là-bas. « On est là pour créer une ouverture, une entraide. »

Certains, comme ces deux jeunes de l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique de la Bousselaie à Rieux, viennent chaque semaine de l’année aider à l’atelier et apprendre plein de choses, techniques comme relationnelles. D’autres, comme l’auteur de ces lignes, poussent la porte de l’atelier qui est aussi « atelier de réparation participatif » pour changer des freins, un pédalier ou autre.

Dans l’atelier de l’association, qui est aussi atelier participatif, où tout le monde peut venir avec son vélo, pour le réparer avec l’aide des mécaniciens (Photo : Cactus-Pays de Redon)

Forcément, ça crée un lien entre des personnes qui ne se seraient peut-être / sans doute (rayer la mention inutile) pas rencontrer. Et c’est très valorisant pour tout le monde : « usagers » (on sera moins bête devant une chaîne cassée la prochaine fois) comme bénévoles ou salariés.

Un stock de vélo qui ne fait toujours que grossir, tellement les dons affluent.
Photo : Un Vélo pour l’Afrique

Bon, tout ça, c’est bien joli (et ambitieux !), mais il faut du monde pour faire tourner l’atelier. Des vélos à démonter et à remonter pour la location (ah oui, je ne vous ai pas dit : Un vélo pour l’Afrique propose aussi des vélos en location à 5€ le mois), des gens de passage à accompagner sur leur réparation, des vélos à livrer à telle association humanitaire… et un stock qui ne fait toujours que grossir, tellement les dons affluent.

Arnaud et Carl, deux des mécaniciens assidus, ont beau avoir le rythme, l’association a besoin de bénévoles supplémentaires.

Photo : Cactus-Pays de Redon
Et une selle devenue tête de girafe !
Photo : Cactus-Pays de Redon

« Et franchement, l’ambiance est très sympa ! Moi, je viens sur les créneaux qui ne sont pas ouverts au public, on bosse bien… sans que ça soit la pression non plus ! On n’est pas en entreprise, on a le rendement qu’on peut. » Là, c’est Yves, un jeune retraité qui fait la pub d’Un vélo pour l’Afrique. Il n’est pas nécessaire de s’y connaître en vélo. On apprend des autres. De la bonne volonté suffit.

Et si vous avez une fibre plus artistique, il y a aussi de la place pour vous. Pour construire le manège à doudous qui rejoindra fin décembre la Station des 5000 (cm), lieu d’animations de Noël dans Redon. Ou pour imaginer de vraies sculptures, exposées à droite à gauche, comme un flamand rose, une tête de girafe, un héron… rien qu’avec des morceaux de vélo. Ici, c’est à partir du vélo que s’enclenchent les choses.

Ouvert au public les mardi et mercredi de 14h à 17h, + le 1er et 3ème samedi du mois, de 9h à 12h


7 rue de la Vilaine, Saint-Nicolas-de-Redon

02 99 72 75 46

ateliervelopourafrique@gmail.com