Samuel, en mode sac à dos

Photo : Samuel Auguste

Samuel a démissionné de son travail pour bourlinguer pendant trois ans à travers le continent Sud-Américain. Il en a retiré de vraies leçons de vie.

 

Cactus : Chili, Paraguay, Bolivie, Brésil, Argentine… quel périple ! Si tu devais ne retenir qu’un événement vécu pendant ces trois années d’aventure, lequel choisirais-tu ? Et pourquoi ?

Samuel : Houlalala… Trois ans de voyage, c’est long ! Il y a des nouvelles rencontres et expériences tous les jours, n’en retenir qu’un seul est très très difficile ! Peut-être la fois où j’ai été invité à l’inauguration d’une route touristique, celle de la « yerba mate », au Paraguay. J’ai eu le droit à trois jours de visites tout inclus de l’est du pays, avec un tour en avion de tourisme au-dessus des missions jésuites (patrimoine mondiale de l’unesco), et j’ai même été cité par la ministre du tourisme lors de son discours, qui m’a présenté comme un jeune blogueur français lorsqu’elle soulignait l’importance du tourisme international !
J’ai choisi cet exemple très terre-à-terre car je pense que tout le monde peut se le représenter. S’il est facile d’imaginer des désagréments du bivouac ou des risques de l’auto-stop, peu iraient imaginer que cela peut conduire à rencontrer un ministre ! Il faut parfois imaginer les marmites d’or aux pieds des arcs-en-ciels ! 😉

Pont Olguin. Photo : Samuel Aguste.

Quel enseignement tires-tu de cette expérience de vie ?

Je pense que ce dernier exemple est révélateur. Avant de voyager, j’étais beaucoup plus limité dans ma vision du monde, de la vie. Le voyage est un formidable catalyseur !
Bien qu’il soit important de toujours écouter ses propres peurs pour ne pas faire n’importe quoi, il l’est également d’oser s’exposer, de changer ses routines pour apprendre de ses expériences et se confronter au monde. Surtout pour un jeune ! Ne pas cristalliser sur des angoisses, la peur de l’inconnu !
Je pense que cet enseignement est très bien résumé par une phrase de Saint-Exupéry que j’aime beaucoup, tiré de «Terre des Hommes» :

«Seul l’inconnu épouvante les hommes. Mais, pour quiconque l’affronte, il n’est déjà plus l’inconnu».

 

Quand on échange avec quelqu’un comme toi, qui a bourlingué, fait le choix à un moment de sa vie de quitter son petit confort quotidien pour s’aventurer sur des terres complètement inconnues, on lui dit : “tu en as de la chance !” Ca a tendance à t’énerver, ou au moins ça te fait réagir, pourquoi ?

Oh oui, ça a tendance à m’énerver… mais je le comprends. Un tel type de voyage est abstrait et n’a pas que peu de résonance pour beaucoup, qui ne voyagent que pour partir en vacances ! Une fois, j’ai même entendu des amis de mes parents demander quand est-ce que je revenais « à la réalité » !!! Forcément, ça m’a fait réagir ! Car ce que je fais est bien réel, ce n’est pas une utopie ou une dimension parallèle !
Et sincèrement, je ne pense pas que cela soit « une chance », tous ceux qui souhaitent le faire le peuvent, le plus dur étant d’oser le changement. Cela n’est pas non plus une situation idéale ou rêvée, tout recommencer à zéro tous les deux jours, au gré de l’auto-stop, est très riche humainement mais très fatigant !

 

Capture d’une des cartes interactives proposées par Samuel sur son blog de voyage… Il suffit de cliquer sur un point de couleur pour avoir son commentaire !

Retrouvez l’adresse de son blog en fin d’article.

Ici : 2015/2016, le sud de l’Amérique du Sud

“Mon premier grand voyage de mochilero ou backpacker, commencé à Buenos Aires, qui devait durer un an maximum et passer par l’Argentine, le Chili, la Bolivie et le Pérou. Il a finalement bien évolué et n’est toujours pas terminé !”

 

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut voyager, sac à dos et nez au vent ?

Je les encouragerais à tenter l’expérience. Et surtout, ne pas se préoccuper de questions matérielles (chaussures, vêtements, médicaments…). Dîtes-vous que si des gens arrivent à vivre sur place (et il y en a partout dans le monde…), vous le pourrez aussi ! Et qu’ils n’hésitent pas à me contacter s’ils souhaitent un retour d’expérience et une dose de motivation ! 😉

Merci Samuel pour tes réponses !

Cette interview a été publié dans une version allégée dans le magazine papier de Cactus, n°20.

 

Samuel dans le parc national de Torres del Paine, une réserve protégée de plus de 240 000 hectares en Patagonie chilienne :

La suite de son reportage : ICI

 

Pour découvrir le carnet de voyages de Samuel :

http://www.dumondedanslobjectif.com/cartes-des-voyages/

A noter : Samuel va partager son aventure avec le public du Salon du Tourisme de Vannes samedi 24 mars à 15h50. Si cela vous intéresse, vous pouvez gagner 2 places du 13 au 16 mars minuit sur la page Facebook de Cactus Pays de Redon. 30 places sont mises en jeu en partenariat avec :