Amnesty Redon, une pierre pour monter un joli mur
© Jacques Quinton

Amnesty Redon, une pierre pour monter un joli mur

Des militants du groupe de Redon d’Amnesty International nous racontent leur combat… au nom de l’universel. 

© Jacques Quinton

Pierrick : « Quand j’étais petit, je trouvais injuste l’injustice. Je voulais qu’on puisse faire quelque chose ensemble. Puis vient la découverte de la Déclaration des droits de l’homme et de ce mot : « universel », pas seulement mondial…« universel » ! Cela met en jeu « toi », « moi », « tout le monde ». A chacun d’apporter sa petite pierre pour monter ce joli mur.
Je me rappelle avoir trouvé formidable cette petite phrase attribuée à tort à Voltaire : « je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez l’exprimer ». C’est aussi pour moi un combat. Quand quelqu’un est emprisonné pour ses idées à l’autre bout du monde, c’est aussi un peu moi qu’on emprisonne. Et pas seulement SA liberté qui est atteinte mais LA liberté.
J’aime donner la parole aux gens, leur permettre de s’exprimer. Quand on va dans les lycées et que des élèves prennent la parole, alors que leurs professeurs ne s’y attendaient pas, je me dis qu’on a gagné. »
Irina : « Pour moi, le mot Amnesty est porteur d’énormément de sens. Tout le monde a droit à une « amnistie ». Ce qui nous relie tous sur cette terre, c’est qu’on est tous humains. « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre », proclame l’association La Cimade. On est reliés par notre humanité. Je me sens profondément terrienne et humaine.
Il y a beaucoup de personnes emprisonnées ou qui n’ont pas la liberté de parole. Elles seraient totalement bâillonnées si Amnesty n’existait pas. Quand on voit que certains sortent de prison, ont un avocat, ne subissent plus de mauvais traitements grâce à Amnesty, on comprend l’importance de nos actions. Que deviendraient ces personnes s’il n’y avait pas Amnesty ? C’est une véritable chaîne humaine. »
Martin : « Mon premier souvenir d’Amnesty remonte à l’âge de cinq ou six ans. Il y avait une affiche d’Amnesty International au dessus des escaliers en face de ma chambre. Il y avait un poème qui racontait l’histoire d’un homme torturé par son geôlier mais qui refusait de parler. Au moment de mourir cet homme prononçait un mot et un seul : liberté. Un oiseau s’envolait alors à travers les grilles de la prison. Cette histoire a fait partie de mon imaginaire d’enfant et m’a longtemps suivi.
J’ai retrouvé Amnesty à 18 ans, je suis rentré dans un groupe un peu par hasard, pour suivre une amie. J’ai commencé à militer. C’est à cet âge que j’ai fait deux rencontres qui ont été déterminantes. Une jeune Afghane. Elle nous a raconté son enfance à Kaboul : la loi des Talibans, les violences, la soumission absolue des femmes… C’était avant le 11 septembre 2001 et tout ça était nouveau pour moi. On a organisé pas mal d’actions. Et puis cette jeune femme est partie. On a appris après qu’elle s’était mariée avec le garçon auquel elle avait été promise par sa famille. Est-ce que c’était la réalité ? J’ai eu en tout cas le sentiment à ce moment-là que l’histoire, son histoire mais, avec elle, notre histoire, allait dans le mauvais sens, celui de l’obscurantisme.
La seconde rencontre déterminante fut celle de deux étudiants tunisiens. Emprisonnés par le régime de Ben-Ali pendant près d’un an, ils avaient tenu à rencontrer les jeunes d’Amnesty à leur libération. Ils nous ont fait le récit des semaines de tortures qu’ils avaient subies. Entendre leur histoire, pas à travers un livre ou un écran mais les yeux dans les yeux… c’était terrifiant. Durant leur calvaire, un des gardiens leur a annoncé qu’Amnesty parlait d’eux. A partir de ce jour, leurs conditions de détention se sont considérablement améliorées et ils ont été libérés. J’ai reçu une telle baffe en écoutant leur témoignage ! Il était impossible de revenir chez moi et de faire comme si de rien n’était. Le combat d’Amnesty avait désormais pour moi un visage. »

Le 10 décembre 1948 était adoptée à Paris la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Aussi, chaque année, le 10 décembre, Amnesty International lance une grande mobilisation : «10 jours pour signer». Cette campagne implique des milliers de personnes dans le monde qui envoient des lettres, des pétitions. Dans le Pays de Redon, nous ferons signer des pétitions lors des marchés de Noël, pour défendre 10 personnes menacées. Nous vendrons aussi des produits Amnesty : livres, calendriers, agendas …. et nous serons là pour vous informer et échanger.
En décembre, nous serons présents sur deux marchés de Noël : dimanche 11 décembre de 10h à 18h sous les Halles de Redon, et mardi 13 décembre à partir de 18h au marché de Noël de Peillac.
Plus d’informations :
www.amnesty.fr
amnesty.redon@gmail.com / 06 48 66 40 50