Littérature jeunesse : Les folles histoires de Benjamin

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Benjamin Desmares par lui-même !

Benjamin Desmares, créateur de Comic Strips pour Cactus, ne manie pas que la palette graphique. Quand il s’installe devant son ordinateur, c’est aussi pour écrire ! Après Cornichon Jim, sorti l’année dernière, il publie Une histoire de sable. Deux romans « jeunesse » palpitants et très différents. Rencontre !

Depuis quand écris-tu Benjamin ?

J’écris depuis… que j’ai appris à écrire, à l’école ! Mais le tournant c’est en 1997, je me suis acheté mon premier ordinateur, j’ai ouvert un nouveau document sur word, et c’est parti comme ça. Depuis, je n’ai jamais arrêté, et j’écris tous les jours. J’ai d’abord participé à des concours de nouvelles, et puis j’ai continué…

Tu t’organises comment ?

Tous les matins, à peine réveillé, avant de partir au travail, avec toute la maison qui s’agite autour de moi, je prends une heure pour écrire. Le scénario vient au fur et à mesure…

Et comment en es-tu arrivé à écrire des romans jeunesse ?

En fait, j’écris ce qui me fait marrer. Pour l’écriture de Cornichon Jim, j’avais en tête la fraîcheur du Petit Nicolas.

Il t’arrive d’avoir plusieurs projets en cours ?

Oui ! J’avais commencé Une histoire de Sable en 2003. Il a « traîné » dix ans, et puis je m’y suis remis, et en 15 jours, il était fini. J’ai beaucoup de textes dans des tiroirs.

Ce qui veut dire que tu es déjà en train de penser aux prochains textes ?

Oui ! J’en ai deux en cours, très différents l’un de l’autre.

Une histoire de sable

une histoire de sable

Jeanne, 16 ans, fille unique, part s’enterrer avec ses parents geeks à la mer pendant une semaine de vacances en plein février. Ambiance sinistre, maisons fermées, commerces vidés à la hâte en attendant la saison prochaine : il y a tout pour déplaire à une ado. Sans parler du vent. Et du sable. Ce sable qui s’infiltre partout. Tellement présent qu’on pourrait le compter. D’ailleurs, c’est ce qu’elle va faire, Jeanne, compter les grains de sable pour que les journées s’écoulent plus vite.

Heureusement, rapidement, Jeanne rencontre deux garçons. Ils sont étranges, Bruno et Alain, les deux frères, avec leurs coupes au bol et leurs survêts flashys. Mais au moins, ils sont là. C’est toujours mieux que la mémé à vélo qui ne parle jamais mais dont tout le monde parle, en prenant soin de baisser le ton. Mieux aussi que le PMU où on ne sert que du thé pas terrible et où tout le monde parle d’histoires du coin auxquelles elle ne comprend rien. Mieux que le chat, qu’il a fallu traîner en vacances et qui miaule faux. C’est surtout mieux que ses parents, qui ont le don de l’exaspérer rien qu’en respirant.

Jeanne, Bruno, Alain. Ils passent des heures assis sur le perron d’une maison originale, à moitié engloutie sous des tonnes de sable. Ils parlent et se taisent. Et puis un jour, entre Jeanne et Bruno, la relation évolue. Et les mystères s’épaississent.

Une histoire de sable est un roman qui prend son lecteur par la main et l’emmène dans une zone inconnue, où il ne pensait pas atterrir en ouvrant la première page. Un joli portrait d’ado, écartelée entre des sentiments contradictoires, ultra-réactive. Un hymne à la “morte-saison” qui offre tous les possibles à l’imagination et une ambiance incomparable. Une nostalgie des années rubik’s cube et des posters délavés d’E.T. Et une invitation à se laisser surprendre.

Une histoire de sable, Benjamin Desmares.

Editions du Rouergue, collection doado. 134 pages. 10, 70 €

Cornichon Jim

cornichon jimCornichon Jim a vraiment la patate. Cornichon Jim a parfois des émotions fortes et contrastées. Cornichon Jim surnage dans une enquête à tiroirs, alors que ce qu’il aimerait peut-être bien, au fond de son coeur de détective de 10 ans, c’est passer du temps avec Clémence, mais ça, il faut pas le dire. Cornichon Jim farfouille dans les affaires de la directrice de son école, les vieilleries de son grand-père qui perd un peu la boule, déchiffre les attitudes du bibliothécaire barbu, apprend à apprivoiser un policier chauve mais sympa, échappe à sa mère qui a plusieurs casseroles sur le feu. Bref, la vie de Victor Fauchoins -alias Cornichon Jim- c’est pas du tout cuit.

Car voilà, tout le monde n’a pas une vie toute tracée d’avance. Et surtout pas Victor. Le jour où le prétendu fin limier, joueur de billes renommé à ses heures, se voit obligé d’accepter un client mystérieux, c’est la loi des séries qui commence, la boîte de Pandore qui s’emballe. Le détective (un peu) malgré lui n’a plus qu’à accepter son destin. Il lui faudra pour cela défier les coups du sort et autres tentatives de kidnapping. Cornichon Jim aurait-il fourré son nez dans des affaires qui dérangent ?

En voilà un roman plein de fraîcheur ! Cornichon Jim a beau être publié par les éditions du Rouergue en collection jeunesse, il fera du bien aussi à tous les adultes qui peinent à retrouver des sensations et des sentiments d’enfance.

A lire à partir de 10 ans, et sans aucune limite d’âge !

Cornichon Jim, Benjamin Desmares (France). Editions Rouergue, collection Dacodac. 320 pages. 14, 50 €

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A écouter l’interview de Benjamin diffusée sur France Inter le 2 décembre 2017 à l’occasion du prix La pépite Romans du Salon du livre jeunesse de Montreuil :