En Antarctique avec Stéphanie et Jérémie : les aventures de Poupougne

Depuis sa Une dans les Infos du Pays de Redon en décembre 2011, Poupougne vole sur un petit nuage (et au-dessus surtout). Célébrité locale assurément, mascotte du Pays de Redon sûrement… mais bien plus encore.

Interview intégrale de Stéphanie et Jérémie Gicquel

Pôle Sud 2014

Cactus : Vous étiez accompagnés de Poupougne pour mener votre périple à travers l’Antarctique. Quel était votre projet ?

Nous avions pour projet de traverser l’Antarctique à ski sans voile de traction sur 2045 km via le pôle Sud. Au-delà du défi sportif, notre objectif était de mieux connaître le continent Antarctique : un continent isolé du reste du monde par le courant circumpolaire Antarctique et la convergence Antarctique. Ce continent, recouvert d’une calotte de glace de 2300 mètres d’altitude en moyenne, est le plus froid, le plus venté, le plus sec de la planète. Aucune forme de vie ne s’est adaptée à l’intérieur du continent -il n’y a ni faune ni flore. Ce continent est absolument unique à tous les points de vue (climatique, géologique, géographique, juridique, etc).

Nous sommes très attirés par la spécificité de ce continent, tout comme l’ont été les premiers explorateurs qui l’ont arpenté au début du 20ème siècle. C’est la même passion, l’émerveillement et la curiosité qui nous ont conduits là-bas !

 

Nous avons ainsi pu faire corps avec l’Antarctique et avons réussi notre défi le 27 janvier 2015 après 74 jours d’effort sur ce désert blanc parsemé de sastrugis (des vagues de glace formées par le vent).

Poupougne nous a accompagnés tout au long de ces deux mois et demi de périple. Il était confortablement installé dans le traîneau tracté par Stéphanie. Et bien emmitouflé dans la combinaison spécifiquement créée pour l’occasion afin de supporter des températures très négatives… Elles sont descendues sous les -50°C pendant une dizaine de jours !

En quoi Poupougne a-t-il été utile pour votre projet ?

Il n’y a pas d’habitants permanents en Antarctique, seulement quelques scientifiques : glaciologues, astronomes, ornithologues, biologistes, climatologues, etc. Ils passent 3 à 12 mois dans l’une des bases implantées sur le continent. C’est certainement la première fois que Poupougne rencontre aussi peu de monde pendant près de trois mois !

Poupougne a bien sympathisé avec l’équipage russe de l’Ilyushin lors de notre vol de Punta Arenas au Chili vers l’Antarctique le 8 novembre 2014. Poupougne a pu rencontrer les membres de la base temporaire Union Glacier où nous avons attendu une semaine début novembre 2014 que les conditions météo s’améliorent pour qu’un bi-moteur puisse nous déposer sur le point de départ de l’expédition. – sur le bord du continent sur la barrière de glace Ronne-Filchner qui repose sur la mer de Weddell.

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La veille de Noël 2014, après 40 jours d’effort, Poupougne a aussi pu rencontrer les scientifiques de la base américaine Amundsen-Scott au pôle Sud. A défaut de passeport, il lui a été imprimé le visa “pôle Sud” directement sur sa combinaison ! Puis Poupougne a pu poser devant la boule en métal qui matérialise le pôle Sud géographique et qui est entourée des drapeaux des douze pays signataires du Traité sur l’Antarctique en 1959. Un moment inoubliable !

Poupougne a même d’ailleurs écrit lui-même son journal de bord !

Nous n’avions aucune nouvelle de nos proches pendant toute la durée de l’expédition. Nous avions en effet décidé de rester déconnectés car nous n’aurions de toute façon pas pu nous extraire facilement de ce continent si nous avions appris une mauvaise nouvelle. Et apprendre une mauvaise nouvelle alors que nous étions en train de progresser dans des conditions extrêmes, avec le vent de face à 80 km/h, dans le brouillard blanc qui enlève toute visibilité, et le froid glacial, aurait pu nous ôter l’envie de survivre. En effet, il s’agissait bien souvent durant ce périple de survivre.

Grâce à Poupougne, nous sentions la présence de nos proches, ainsi que celle de toutes les personnes qui nous ont suivis sur le blog que nous avons alimenté pendant 74 jours et qui ont cru en nous ainsi que celle des élèves de seconde du lycée Saint-Sauveur qui ont travaillé sur cette expédition et avec lesquels nous avons pu échanger par téléphone satellite le 12 décembre 2014. Poupougne nous a donc bien motivés. Lorsqu’on se lance dans une expédition polaire, il est important d’alléger au maximum son traîneau : chaque gramme compte au point de déchirer les étiquettes de ses vêtements ! Mais il est essentiel aussi de pouvoir emporter 2-3 objets qui sauront vous redonner le moral lorsque vous aurez un coup de mou. Emporter Poupougne n’était donc absolument pas anodin pour nous.

Une anecdote avec Poupougne au cours de votre voyage ?

C’était parfois difficile de prendre Poupougne en photo. Nous devions nous y reprendre à plusieurs fois pour parvenir à photographier Poupougne dans les glaces de l’Antarctique. Nous prenions 10 minutes (7 minutes en fin d’expédition) de pause toutes les heures pour boire et manger. Nous en profitions pour sortir Poupougne du traîneau et l’installer dans les sastrugis. Mais il tombait plusieurs fois ! Après plusieurs secondes durant lesquelles nous nous gelions les doigts à essayer de bien positionner Poupougne, il n’y avait plus de batterie dans l’appareil photo (les batteries se déchargeant très vite à cause du froid) et il nous fallait repartir et attendre la pause suivante !

Une autre anecdote qui a rendu Poupougne célèbre outre-Atlantique ! Au pôle Sud, nous avons rencontré Frédéric Dion, un aventurier canadien parti de Novo pour traverser l’Antarctique en kite-ski. Frédéric a tout de suite sympathisé avec Poupougne. Il a fait une petite vidéo avec lui qu’il a intégré dans son film d’expédition.

Pour aller plus loin :

http://runningtothepole.com

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