Gérald Martin est le programmateur du festival Bordures qui a lieu tous les ans à Langon en mai. Si le pays de Redon est riche en festivals de toutes sortes (voir la liste des festivals), Gérald et son équipe apportent une touche unique puisqu’ils sont à la fois créateur, producteur et organisateur. Un défi qui demande agilité et persévérance.
Entre l’envie de monter un projet culturel sur un territoire rural et sa mise en œuvre… il y a Gérald Martin ! Le projet en question : développer une offre autour des musiques de création (jazz, musiques improvisées, musiques du monde, nouvelles musiques traditionnelles) ancrée dans le pays de Redon. Le chef d’orchestre de cette initiative : Gérald. Un profil idéal pour mettre de l’huile dans les rouages d’une « économie de l’artisanat et du prototype » comme il la qualifie lui-même.
Reprenons le fil de l’histoire… Au départ de cette aventure périlleuse, nous avons : François-Xavier Ruan, initiateur du festival Bordures dont la 1ère édition date de 2016 ; les musiciens Erwan Hamon, Janick Martin et François Robin avec qui Gérald (frère de Janick) a créé en 2014 le collectif « À la Zim ! », devenu depuis « Le Grand Pas ». Ces protagonistes se croisent et se retrouvent sur les plans artistique (le type de musiques qu’ils souhaitent promouvoir) et culturel (une offre accessible, avec des tarifs vraiment réduits et des événements organisés sur le territoire et pas seulement dans un lieu).
Erwan Hamon et Janick Martin forment un duo explorant depuis ses débuts la musique traditionnelle bretonne. Formé en 1991, le duo n’a eu de cesse d’intensifier son discours musical l’enrichissant d’esthétiques musicales variées. Extrait en vidéo ci-dessus.
L’attachement au pays de Redon est un facteur essentiel dans le projet qui va prendre forme progressivement, à force de rencontres et d’événements. « Déjà avec le collectif A la Zim, nous avions ce lien avec les lieux de vie des trois musiciens, souligne Gérald. Personnellement, j’avais envie d’agir plus là où j’habitais. Alors, en 2018, quand je suis revenu sur Redon après avoir quitté Molac d’où je suis et les différents endroits où j’ai étudié et travaillé pendant 16 ans, ma volonté était vraiment d’agréger les dynamiques locales en cours. »
Parmi les nombreuses expériences professionnelles qui contribuent à forger l’état d’esprit de Gérald depuis son diplôme de l’Institut d’études politiques de Rennes en 2007, il y a notamment sa fonction de directeur artistique des Fêtes maritimes de Douarnenez de 2012 à 2020, mais, à l’entendre, c’est son premier travail salarié à La Grande Boutique à Langonnet, dans le centre-ouest de la Bretagne, qui lui a fortement inspiré son activité actuelle.
« Nous programmions des saisons itinérantes avec des artistes comme Jacky Molard, Eric Marchand ou Jacques Pellen. L’itinérance, c’est une de nos motivations. On a l’expérience qui nous permet d’investir des lieux qui ne sont pas forcément conçus pour accueillir des concerts et qui sont souvent sous-exploités. Et puis, organiser des actions sur un territoire qui est à cheval sur plusieurs départements, comme c’est le cas à Langonnet, m’a bien aidé ici. »
Bien sûr, garder la tête sur les épaules est conseillé pour mener à bien les gros événements qui sont plannifiés désormais par Gérald et son équipe de 3 personnes (toutes à temps partiel) : la saison Bordures et Alentours de septembre à avril (10 dates pour la saison qui vient de s’achever), le festival Bordures (du 13 au 22 mai cette année, à Langon, Redon et Pipriac) et une programmation estivale. Sans parler des projets de créations musicales développés par et autour de Erwan Hamon, Janick Martin et François Robin comme, le dernier en date : « Treì » qui a nécessité deux années de travail avant la première représentation prévue en octobre prochain…
« Mieux vaut avoir un côté militant, c’est-à-dire être clair sur les objectifs et les valeurs, pour que cet ensemble, qui va de la création à la diffusion, puisse tenir, notamment financièrement, souligne Gérald. On nous demande souvent de faire plus avec moins… Il faut donc faire preuve d’agilité pour « rentrer dans les cases » tout étant fidèle à l’idée du projet défini. A la fin, on ressent un tel plaisir de réussir à réunir des gens autour d’une proposition réfléchie par le collectif… c’est la concrétisation ultime ! »
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A retrouver (en version papier) dans le numéro de mai-juin 2026