La biodiversité dans son jardin, selon Florent de Peillac

Florent Vauversin a créé la pépinière et forêt fruitière Les Simples de Cohan, à Peillac. Il se passionne pour la culture, la conservation et l’acclimatation des arbres fruitiers. Il partage avec nous conseils et principes (de vie) pour, comme il le dit lui-même, « accueillir la biodiversité au jardin ».

Pour accueillir la biodiversité au jardin, chacun peut agir. Selon les études, 80 à 97% de la biodiversité se trouve sous nos pieds. Toute cette vie du sol est le premier maillon de la diversité que nous retrouvons en surface.
Nous pouvons donc prendre soin de notre sol en utilisant des paillages au pied de nos plantations d’arbres, de fleurs et de légumes. Nous pouvons aussi laisser en place l’herbe tondue et les feuilles mortes. Ces petites actions vont nourrir les milliards d’organismes du sol qui pourront alors contribuer à la beauté et à l’abondance de nos paysages.

nashi, un poirier asiatique
Nashi, un poirier asiatique

Pour accueillir la Vie en surface, nous pouvons planter le plus possible de diversité végétale. On peut alors associer dans son jardin les arbres champêtres, les fruitiers, les ornementales et les potagères. Une manière simple consiste à planter des haies fruitières multi-étagées et diversifiées avec des arbres fruitiers pour la strate haute, des petits fruits et des vignes pour la strate intermédiaire et des plantes couvre-sols ornementales ou sauvages pour la strate basse.

Dans l’espace entre ces haies, on peut alors cultiver ses planches de potagers, de fleurs ou agrémenter des espaces de loisir. Cette manière de cultiver revient à faire de l’agroforesterie fruitière comme les anciens l’ont fait pendant des centaines d’années dans de nombreuses régions de France et du monde. Le but est de créer un maximum de lisières, d’interfaces entre plusieurs milieux pour favoriser l’abondance des formes de vie.

L'approche écologique de Florent réussit plutôt bien aux fleurs...

Créer une mare

Pour ceux qui ont la place, nous pouvons aussi créer une mare qui accueillera des
êtres vivants devenus moins communs du fait de la simplification de nos paysages et de la quasi-disparition des zones humides. Beaucoup d’espèces ont besoin d’espaces aquatiques pour se reproduire et commencer leur vie. On peut citer par exemple les libellules et les salamandres. D’autres espèces vivent ou chassent dans ces milieux particuliers tels les tritons et les araignées d’eau. Une fois créée, la mare accueille très rapidement ses habitants qui contribuent à équilibrer le milieu notamment en se nourrissant des larves de moustiques.

une des 2 mares créées
Une des deux mares créées sur le site de Cohan

Accueillir la biodiversité au jardin peut donc être une formidable aventure qui nous apporte de la beauté, de l’abondance, et de la gratitude pour toutes ces formes de vies qui permettent et soutiennent nos existences.

« Notre environnement est riche d’une diversité d’organismes exceptionnelle qui s’est développée sur notre planète depuis 3,5 milliards d’années. Depuis que les humains sont apparus, ils ont tantôt favorisé, tantôt réduit l’abondance des êtres vivants par leurs pratiques et leur influence sur les écosystèmes. Mais ces actions sont dues et amplifiées par les systèmes de croyances et surtout par le respect ou non du vivant dans son ensemble.
Aujourd’hui, il me semble donc essentiel de changer d’état d’esprit pour faire du respect du Vivant notre priorité. Cela passe par l’émerveillement, l’accueil de la beauté et de l‘abondance mais surtout par l’humilité de reconnaître que tout est lié sur cette planète et que nous faisons partie nous aussi de cette danse de la Vie qui se joue autour de nous et en nous. »

une des 30 salamandres comptées sur notre lieu pendant la nuit des salamandres
Une des 30 salamandres comptées sur le terrain de Véronique et Florent pendant la nuit des salamandres

Florent Vauversin a travaillé pendant longtemps dans des vignes. Riche de ses nombreuses expériences en woofing (travail bénévole dans une ferme en s’initiant à l’agriculture paysanne) et curieux de nature, il se passionne pour la culture, la conservation et l’acclimatation des arbres fruitiers. Sa compagne Véronique Gautier conçoit toute une gamme de vinaigres aromatiques à partir de la grande diversité de plantes sauvages et aromatiques existantes sur place. Elle organise aussi des tablées paysannes. + d’infos sur www.lessimplesdecohan.fr/

     
Florent et Véronique font partie des producteurs locaux référencés dans le Guide thématique dont nous sortons la 5ème édition, incluse dans ce numéro !

Guide des producteurs locaux 2024

Annuaire numérique et carte interactive
     

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A retrouver dans le numéro de mai-juin 2024

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