Tugdual Ruellan : “Je me suis pris une claque”

Le journaliste Tugdual Ruellan présente son livre de témoignages de femmes.

Au départ de ce recueil de témoignages recueillis par le journaliste Tugdual Ruellan, qui vit à Saint-Jacut-Les-Pins, le film de Yann-Arthus Bertrand : Woman, sorti début mars 2020. Une fresque à la hauteur des projets habituels du réalisateur Français : 2000 interviews de femmes originaires de 50 pays.

La bande-annonce de Woman : (ce film sera projeté au Ciné Manivel à partir du 18 mars 2020)

Tugdual Ruellan : “Un directeur de festival en Bretagne a suggéré à Yann-Arthus Bertrand de réaliser une déclinaison régionale de Woman. Attaché à la Bretagne, il a accepté. C’est son fils, Baptiste Rouget-Luchaire, qui s’est chargé de réaliser le film : Women, les Bretonnes. Les parcours de 30 femmes, sur les 90 qui se sont elles-mêmes manifestées suite à un appel que j’avais été chargé de lancer, y sont présentés : elles parlent librement de leurs expériences, de leurs souffrances, de leurs désillusions, aussi de la maltraitance qu’elles endurent ou ont enduré pour certaines…

Livre disponible en librairie

Avec un confrère ancien journaliste à Ouest-France, Yvon Lechevestrier, on s’est pris une claque en découvrant ces témoignages. Ces femmes nous ont impressionné, car toutes ont pris un certain recul, elles acceptent de raconter leur histoire…

Les deux journalistes constatent alors que les témoignages présentés dans le film sont très réduits. D’où l’idée de leur redonner la parole plus longuement dans un livre : Woman. Les Bretonnes. Témoignages de femmes d’aujourd’hui” (édition Ouest-France).

Nous avons recontacté ces 30 femmes et nous leur avons proposées de se confier à nouveau. Toutes ont accepté.

Parce que les témoignages sont intenses, intimes pour beaucoup, parfois même inédits (certaines histoires ne sont pas connues des proches de la personne qui témoigne), les textes sont relus et validés avant parution. “Nous n’avons fait qu’ouvrir les guillemets“, explique Tugdual.

Noémie Marcomini est une des femmes qui a témoigné dans le film Women, les Bretonnes et dans le livre.

Cette après-midi du 12 mars, elle est venue rencontrer des élèves de l’ISSAT à Redon (elle sera présente également au Ciné Manivel ce même soir pour la projection du film et l’échange).

Noémie Marcomini avec des élèves de l’ISSAT

Noémie Marcomini : “J’étais en train de travailler sur les droits des femmes avec les élèves du lycée Kerplouz où j’enseigne lorsque j’ai vu passer l’appel à témoignages de Tugdual Ruellan. Ca m’a tout de suite parlé !

C’est un sujet qui me touche, par ce que j’ai pu vivre personnellement et que je raconte dans le livre, et au lycée, car, comme à l’ISSAT, Kerplouz est un lycée professionnel qui est mixte bien sûr, mais où les filières sont très marquées. En Horticulture, c’est que masculin. En Services aux personnes et aux territoires (SAPAT), c’est que féminin… Du coup, c’est intéressant d’interroger les regards de tous pour les croiser et faire tomber les préjugés, dans les deux sens.”

Ce travail avec les élèves du lycée d’Auray a permis de réaliser une exposition qui était présentée à l’ISSAT.

Extraits choisis :

“1er temps” :

On peut lire de bas en haut : prude, démodée, ennuyeuse, allumeuse, provocante, elle n’attend que ça, salope, pute.
“Plus c’est haut, plus on justifie l’agression”, explique l’enseignante.

“2nd temps” :

Sur un autre panneau intitulé “Préjugés, quels préjugés ?”, on pouvait lire :

-Une femme enceinte est un poids pour l’entreprise.

-Les femmes ne sont pas faites pour les métiers techniques.

-Les femmes ne savent pas conduire.

Des affirmations qui, présentées et mises en commun, ont suscité des réactions chez les élèves présents. Un travail pédagogique salutaire.

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