Michel fait voler ses rêves !

Michel et sa fille Doriane fabriquent des ballons en papier de soie qu’ils laissent filer ensuite dans les airs. Ingénieux et créatifs, ils créent des modèles qui sont, par définition, éphémères. Découverte en photos et vidéo.

Un des ballons imaginés et conçus par Michel exposé
lors d’un festival au Mexique l’été dernier. (photo : Michel Bernard)

C’est assez fou ce que tu fabriques, Michel ! Présente-nous tes drôles de ballons…

Ce que je fabrique, ce sont des ballons qui sont de taille intermédiaire. Le plus grand mesurait entre 7 et 8 mètres.

Pour faire un ballon, il ne faut pas grand-chose : du papier de soie, de la colle, parfois du fil, type Kevlar, ou simplement du scotch pour consolider les différentes parties entre elles. Il y a beaucoup de pression dans un grand ballon, car il y a beaucoup d’air à l’intérieur, d’où la nécessité de renforcer les grands modèles.

Mais, comment tu fais pour faire voler des ballons qui sont en papier, donc très légers ?

C’est des maths ! De la géométrie, avec des calculs que je fais en m’aidant d’un compas, d’une règle et d’une calculatrice pour avoir une vision en 3 D.

Ensuite, les ballons se soulèvent dans les airs car ils présentent en leur base ce qu’on appelle une bouche : un trou par lequel passe une flamme. C’est tout un équilibre à trouver entre le poids du ballon et l’importance de la mèche pour que la chaleur produite parvienne à faire lever le ballon que l’on a gonflé avant, généralement avec un chalumeau. Ça demande de la dextérité et une certaine expérience pour éviter que le ballon ne s’enflamme !

Michel : J’en ai construit pas mal depuis que j’ai découvert que ça existait en 2014. Généralement, on appelle ça plutôt une lanterne quand c’est petit… et une montgolfière quand c’est grand.

On arrive aussi à faire voler certains ballons grâce à la chaleur générée par le soleil. Dans ce cas, le ballon est plutôt fait avec un plastique fin, type sac poubelle.

Et pour la mèche ?

C’est artisanal. Pour un ballon de 7 mètres par exemple, on peut assembler ensemble 8 rouleaux de papier toilette. On entoure dessus du papier type essuie-tout, qu’on trempe dans de la paraffine et qu’on essore ensuite. On fabrique alors ce qu’on appelle une araignée, avec du fil de fer par exemple, pour fixer la mèche.

Il te faut quoi pour arriver à concevoir tes ballons ?

Pas mal de temps d’abord… parfois plusieurs mois ! J’ai une idée de forme et après, je fais des calculs et des dessins, puis une maquette très précise.

Je passe aussi beaucoup de temps à créer le dessin qui va décorer le ballon. Cela passe là aussi par un dessin puis souvent par pas mal de découpage… Au final, ce sont des œuvres d’art !

Quel ballon es-tu en train de construire ?

Je travaille sur un ballon qui mesurera 4,80 m de diamètre. Il sera constitué de trois étoiles. La difficulté est ici de faire tenir ensemble ces piques de forme conique… Très original sachant qu’habituellement, les piques sont de forme pyramidale.

(Note : Ce ballon sera exposé au Centre social de Redon (du 21 novembre à fin décembre))

MAQUETTE DE CE BALLON EN PREPARATION

AUTRE PARTIE D’UN ENSEMBLE QUI DEVRAIT ETRE SUPER IMPRESSIONNANT

DESSIN REALISE PAR MICHEL POUR CE MEME BALLON

Cactus était présent vendredi 8 novembre pour un premier test de gonflage, sous hangar, du ballon Étoiles de Zehra qui sera présenté dans le hall du Centre social à Redon. Super fier Michel !

La licorne imaginée par Doriane, la fille de Michel. Ici au Mexique, haut-lieu de la culture “ballon”.

Tu passes des heures et des heures à imaginer et concevoir des ballons… et après tu ne les revois plus…

Oui, on les lâche, ils s’envolent sans que l’on puisse les récupérer et c’est ça qui est magique ! On fait voler des rêves. Doriane fabrique des ballons qui ont une forme plus figurative, comme une licorne ou un Totoro, un personnage de manga. Moi, j’imagine plutôt des formes classiques, avec des piques. Pour éviter que ces ballons se ressemblent trop, je fais des recherches pour trouver de nouvelles formes.

Comment en es-tu arrivé à fabriquer des ballons ?

Depuis longtemps, je construis des cerfs-volants, des boomerangs, je crée des sculptures. Et puis, en 2014, j’avais lancé une action « occupation du ciel » avec 1000 cerfs-volants et lanternes au moment du grand rassemblement de l’été sur la ZAD contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (d’où je suis originaire). On m’a fait découvrir le travail d’un groupe qui crée des ballons sur Chambéry. Je m’y suis mis, même si au début, c’était compliqué. Depuis je n’ai cessé. Ça me plaît de les imaginer et les créer, et j’ai rencontré plein de gens que je n’aurais jamais découverts sans les ballons, par exemple quand on est invités à un festival au Mexique où il existe une vraie culture du ballon.

“Le ballon est surtout un moyen de partager quelque chose.”

Michel

Michel et sa fille ont créé l’association Semeurs d’étoiles pour partager leur passion à travers expositions et ateliers.

Facebook/Les semeurs d’étoiles