Le Goncourt des lycéens, ils aiment !

Révélation : des lycéens ont été forcés à lire des livres. Des romans qu’ils n’avaient pas choisi en plus ! Un scandale, dont l’issue est pourtant stupéfiante : ils ont aimé. A n’y rien comprendre. Ils dévoilent pour Cactus les raisons de leur… revirement.

goncourtAvec ma classe de Première Littéraire, nous participons au Goncourt des lycéens. Ce prix a été inventé en 1862 par deux frères écrivains. Au début, le Goncourt n’était adressé qu’aux adultes, puis les organisateurs ont pensé qu’il serait enrichissant d’avoir le point de vue des lycéens. Nous avons deux mois pour lire 14 livres et en élire 1. Certains sont assez difficiles à aborder et portent sur des affaires sombres. D’autres sont glaçants et donnent le frisson. Cela change de nos lectures habituelles, fantastique, policier ou romans à l’eau de rose. Il est intéressant d’ avoir autant de choix de lecture. Certains livres sont courts, d’autres plus massifs : de la lecture pour tous les goûts. Pour couronner ce projet, nous avons rencontré plusieurs des auteurs à Rennes.

Mila

petit-paysInnocence Perdue

Petit Pays, de Gaël Faye

Dans nos têtes défilent les paysages, les bruits des rues, le temps d’un voyage nous partons.
Petit pays, c’est la terreur mêlée à la douceur, la haine à l’amour, les larmes aux rires.
Ce livre exploite un événement historique d’une horreur sans mot : le génocide du Rwanda.
C’est une histoire vraie, contée à travers le regard d’un Petit Tutsi, Gabriel, plongé dans la réalité qui l’entoure malgré son jeune âge. Malgré la volonté de leurs parents de les tenir à l’écart, lui et sa sœur, de l’horreur qui les entoure, et des politiques qui s’affrontent, les enfants ne peuvent ignorer les cadavres qui entravent parfois les rues, leur famille qui part à la guerre, les soldats qui les arrêtent sur la route. C’est l’innocence perdue trop tôt pour ces enfants. «Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie.»

Margot Copin

Petit Pays, de Gaël Faye, a reçu le Prix Goncourt des lycéens.

regne-animalLa laideur embellie

Règne Animal, de Jean-Baptiste Del Amo

La violence, la terreur, la haine, la cruauté des mots. Des mots qui nous plaquent au sol, nous assènent des coups de poings, des mots qui résonnent dans notre esprit: «putréfaction» «énucléer»… On ne peut les oublier, en sortir indemne.
Du sang, de la boue, des accouplements, rien n’est épargné au lecteur du Règne animal. On est transporté dans un récit où réalité et fiction se mêlent, la frontière devient si floue qu’on ne peut plus la distinguer. On vit alors, comme les personnages, la laideur de ce quotidien malsain. On s’y habitue, comme si le livre avait su nous apprivoiser, nous accoutumer à cette laideur.
La beauté de la langue ne peut laisser indifférent.

Léna Le Clezio

 

 

tropique-de-la-violenceLe Ghetto de Mayotte

Tropique de la violence, de Natacha Appanah

Ce livre qui nous transporte en Mayotte, nous fait découvrir d’abord l’histoire d’une femme, nommée Marie. Elle raconte l’histoire de sa vie, son incapacité à enfanter, son métier d’infirmière, la rencontre avec l’enfant qu’elle va recueillir et l’enfance de celui-ci, avant qu’elle ne meure subitement. L’histoire se concentre ensuite sur Moïse, l’enfant adopté, et son entourage, tout en changeant régulièrement de point de vue. La vie du garçon révolté, gâté et peu reconnaissant est bouleversée suite au décès de Marie.
Tropique de la violence est agréable, facile, et rapide à lire. On ne s’ennuie pas, les points de vue changent, et les flash-back de personnages décédés ou non sont fréquents.
Cependant, certains passages «trash» ou «hardcore» peuvent déplaire et/ou déranger certains lecteurs.

Alice Allart

 

possedeesL’Homme et le diable

Possédées, de Frédéric Gros

«Il ne faut jamais croire le diable,même quand il dit la vérité»: cette citation décrit parfaitement le déroulement du roman Possédées de F. Gros puisque Grandier est accusé d’avoir hanté des dames. Certains le qualifient même de sorcier.
L’auteur nous raconte la vie désastreuse d’un homme qui finira condamné.
L’écrivain mêle la question de l’humanité et de la peine de mort. Il confronte modernité et archaïsme proposant un récit original à la fois contemporain et classique.

Océane Mille