Emplettes sur le Pays de Redon, gallécos en poche

 

Cactus a sollicité Marie-Claude qui fait partie du groupe local de l’association Galléco pour expliquer concrètement comment fonctionne le galléco, une monnaie locale… Tout sauf virtuelle. Suivez la guide !

Photo Jacques Quinton
Photo Jacques Quinton

Un p’tit cadeau à faire ? Voyons ce qui conviendrait le mieux : du bon chocolat de l’Eveil au chocolat ? Des spécialités bretonnes chez Tiloan ? Un CD au Chant de l’alouette ? Ou alors un livre, neuf ou ancien, que je trouverai à Libellune ou au Traversier ? Là, je sais que je peux avoir des conseils avisés. Et ça, ça me plaît pour adapter mon achat ! Non seulement je vais avoir un moment de convivialité (voire de complicité avec le paiement en gallécos, comme un clin d’oeil !), mais aussi un moment de petite joie intérieure à l’idée de ne pas dépenser de n’importe quelle façon. Comment ça ? Eh bien le galléco est une monnaie d’échange uniquement : comme au bon vieux temps, je troque mes gallécos contre l’objet convoité ! Ces gallécos n’iront pas se perdre dans les caisses des banques où leur devenir est incontrôlable, non, ils vont rester sur notre territoire : les commerçants-adhérents les utilisent chez leurs fournisseurs ou pour leur utilisation personnelle. Voilà la petite chanson dans ma tête : je participe à l’économie locale et utile.

Reprenons notre périple. Mes recherches m’entraînent jusqu’à La Gacilly en vue d’un joli bijou fait main à Fil de fée, ou jusqu’aux poteries de Brain ou de Peillac où je suis sûre d’y trouver mon bonheur ! Le jeu du déplacement en vaut la chandelle : les artisans, comme les commerçants, ont des critères d’agrément à respecter, d’ordre local mais également environnemental. N’est pas gallécopain qui veut ! Ce sont les citoyens qui décident lors de leurs rencontres mensuelles à Manivel. (1)

Le galléco ne sert pas qu’à faire des cadeaux ! Mon ordinateur est en rade ? Allô Dépan’tek ! Les semelles de mes chaussures sont décollées ? La Cordonnerie centrale me les répare (Ben non, je ne jette pas quand ce n’est pas usé !). Un problème de couture ? Anita est toujours là pour m’apporter conseils et nécessaire. Des flyers à imprimer ? TBI, comme Bureau Vallée, accepte les gallécos.

Aussi, tout plein de petits plaisirs me sont possibles en utilisant des gallécos : une soirée à Manivel, une visite à Frip Express, une petite pause au Chat Pot Thé, un repas dans une crêperie ou à l’Asphodèle, de bons produits du Héron bleu. Un de ces jours, j’ai bien envie d’aller tester la Dinguette à Langon, bar-restaurant en bordure de Vilaine, nouvellement adhérent. Je pourrai même y emmener mes petits-enfants (jeux, balade en bateau) !

Grâce aux gallécos, je découvre des lieux que je ne fréquentais pas auparavant : je parcours l’annuaire des commerçants-artisans-dorloteurs, assurée d’une certaine éthique. (2) J’hésite moins à (m’)offrir une séance de réflexologie ou de massage par exemple. Bien sûr c’est le même prix qu’ailleurs, mais j’ai vraiment la sensation d’être un maillon dans le développement local, et de veiller à ce que la monnaie retrouve sa fonction première, à savoir l’échange. Pas de spéculation !

Petite cerise sur le gâteau dans mon for intérieur : mon argent est utilisé doublement. Comment est-ce possible ? J’échange des euros contre des gallécos, j’utilise mes gallécos et de surcroît, mes euros placés au Crédit Coopératif permettent des prêts à des entreprises et à des associations locales de l’Economie Sociale et Solidaire !

C’est tellement simple ! On adhère à prix libre. On échange des euros contre des gallécos : 1€ = 1G. Que des billets, pas de pièces, les centimes se paient en euros.

Marie-Claude

1)chaque dernier mercredi du mois de 18h à 20h. Prochaine rencontre le mercredi 29 juin à 18h.