Festival Itinérances : un air d’aventure

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Une trentième édition, ça se fête ! Le CLAC (Centre de loisirs et d’animation culturelle) d’Allaire organise le festival audiovisuel Itinérances. Un rendez-vous attaché à faire rimer convivialité et qualité, sans place pour la compétition. Cactus a cherché à en savoir plus sur l’état d’esprit Itinérances et a interrogé trois bénévoles.

Jo Berthe : roots ou pas roots…

Jo Berthe. DR
Jo Berthe. DR

Avec trois copains, nous sommes allés en Islande l’été 85. En revenant, beaucoup de gens ont voulu voir nos diapos, on avait donc prévu une projection dans un jardin. Mais, ça n’a pas été possible finalement. On a décidé de reporter en janvier à la Maison du temps libre (déjà). La soirée réuni des copains voyageurs autour de diapos (on ne peut pas encore parler de montages), de verres et de grignoteries et de nombreux souvenirs (bons ou mauvais !), de combines de voyageurs… On en était ressorti avec d’autres idées de voyages et aussi l’idée d’un rendez-vous hivernal autour de voyages, et de montages un tantinet structurés pour qu’ils soient présentables (d’où des stages avec des pros).

Du Forum du voyage à Itinérances en 1998

La bande de copains s’est élargie et c’est devenu “le forum du voyage” en 1986 qui durait deux jours. On se déplaçaient sur d’autres festivals pour dénicher quelques perles que nous pourrions inviter à Allaire. On a fait la rencontre de la famille Ducoin, de Séné, et ses fabuleux voyages et réalisations sur le Zanskar, sur Yves Lepart, de Pluherlin, super photographe et grand voyageur, sur Gilles Elkaïm, voyageur de l’extrême devenu depuis une grande figure des expéditions polaires…

Très vite aussi, on s’est ouvert aux expos photos, aux propositions d’organisations humanitaires comme la crèche d’Arequipa. Le public était fidèle, les montages devenaient de plus en plus pros. Certains y trouvaient leur compte et d’autres nous reprochaient d’avoir perdu le côté convivial, plus « roots » des premières soirées. C’est un peu le lot de tout festival, un moment il faut faire des choix, évoluer … ça plait ou pas ! On peut juger sur 30 ans : c’est devenu un rendez-vous incontournable et une belle histoire.

Camille Robillard : faire rêver

Je participe à l’organisation d’Itinérances depuis l’édition 2015. Avant de m’y investir, j’aimais déjà bien les films sur les voyages, quand ils racontent des aventures humaines. Je me souviens, l’année dernière, j’avais vraiment apprécié le film de Maud Bailly, La revanche d’une cigale qui était présenté. Une fille toute seule en vélo, qui quitte Bruxelles et fait un périple incroyable jusqu’à Ushuaïa, en Amérique du sud… Comme c’est une fille à peu près de mon âge, déjà, il y a forcément une espère d’identification. Mais, c’était aussi le message qu’elle voulait délivrer dans son film que j’ai trouvé particulièrement intéressant. Moi, ça m’a fait rêver en tout cas !

Une esthétique et du contenu

Les films qui sont programmés sont toujours des prétextes à découvrir d’autres univers à travers une aventure, un voyage. Quand on cherche des fils à sélectionner, on est attentifs à proposer à la fois du voyage, mais aussi une certaine esthétique, avec des belles images, des paysages, et du contenu. Et puis on doit choisir des films qui font 52 minutes mais aussi 20 ou 30 minutes pour que ça tienne dans le laps de temps dont on dispose. On échange beaucoup.

Vincent Meunier : la rencontre avec les réalisateurs est primordiale

Vincent Meunier. DR
Vincent Meunier. DR

Je suis investi dans Itinérances depuis 25 ans, depuis que je suis arrivé dans le Pays. Le festival a réussi à évoluer. On a été longtemps confronté à un dilemme entre rester dans l’état d’esprit de départ, plus local et amateur, et s’ouvrir à d’autres univers et plus professionnel. Ca a été le passage du Forum du voyage à Itinérances. Notre challenge, c’est bien de conserver l’esprit convivial. Pour cela, on tient à deux aspects essentiels : la rencontre avec les réalisateurs (leur présence est obligatoire) et l’absence de compétition. Itinérances est un des seuls festivals à ne pas organiser de prix, de compétition. Ce qui n’empêche pas certains réalisateurs de venir et même de revenir. Comme Jacques Ducoin qui est à nouveau parmi nous cette année.

Un film sur l’après-Tchernobyl

Si je devais retenir un film sur ces 25 dernières éditions, je choisirais sa série d’ailleurs, sur le Zanskar, qui représentait vraiment un nouveau pour nous. Chaque année, pendant une dizaine d’éditions, on programmait un nouvel « épisode ». Et puis, je retiendrais aussi ce film plus dans l’émotion, sur l’après-Tchernobyl réalisé par le Redonnais Jakez Lesouef. On avait été interpellé et je me souviens que l’échange après avait duré longtemps.

 

 

Le programme à la Maison du Temps Libre à Allaire

Samedi 16 janvier

18h30 : apéro-concert avec le duo Brou/Couton

Un spectacle proposé par Roland Brou (chant) et Patrick Couton (guitares, banjo, autoharpe) sur le thème des arts de la table et du vin.

A partir de 20h30 : projection de trois documentaires

Case Départ, réalisé par Christine Carré (30 mn)

Reportage au sein d’un groupe de jeunes de 18 à 21 ans, en rupture professionnelle et/ou sociale, dans le cadre d’un chantier d’échange et de solidarité au Bénin.

L’itinéraire d’une goutte d’eau, réalisé par Nicolas Van Ingen (10 mn)

Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, photographes naturalistes, réalisent depuis trente ans un travail de fond sur les mondes aquatiques.

Une chanson khmer, réalisé par Jean-Claude Baïsse (60 mn)

Un couple français recherche les origines de l’enfant qu’ils ont élevé, après la chute de Phnom Penh et la mort de ses parents.

Dimanche 17 janvier

A partir de 14h30 : projection de quatre documentaires

De butinages en images, réalisé par Scopidrone/Christian Baudu (5 mn)

C’est une promenade sans histoire, d’une hauteur de vue nécessaire à la flânerie, permise par l’usage d’un drone.

Un pas de côté et le reste suivra, réalisé par Camille Szklorz (45 mn)

Camille s’embarque dans un périple à vélo de Paris à Abidjan. Le pédalier bat la cadence pour une Afrique plurielle qui se dévoile sous nos yeux.

Taïmyr, rencontre avec les Dolganes, réalisé par Jacques Ducoin (30 mn)

Au Taïmyr, à l’extrême nord de la Sibérie, les Dolganes, un des derniers peuples éleveurs de rennes, accompagnent leurs troupeaux vers le nord avant le dégel de la rivière Khatanga.

La Brenne saisie au vol, réalisé par Nicolas Van Ingen (30 mn)

La Brenne est un territoire unique et sauvage. Depuis trente-cinq ans, les mêmes réalisateurs que L’itinéraire d’une goutte d’eau photographient la région, ses habitants sauvages et ses paysages.

Tous les réalisateurs seront présents durant le festival. Un temps d’échange est prévu avec eux à l’issue de chaque projection.

Expositions et stands : chaque année, le festival aménage un espace pour valoriser une exposition de photos, une autre manière de faire voyager le public. En