Une expo… qui piquera votre curiosité !

Crédit photo : Nicolas Joubard / Lara Laigneau

Prouesse artistique et technique, le projet mené depuis trois ans par Mathieu Desailly, Vincent Gadras et David Chalmin, prend bientôt la forme d’une exposition à voir absolument. Du 12 juin au 8 juillet.

 

Mathieu et Vincent ont une mission : ils veulent réhabiliter la grande et éternelle injustice qui frappe les insectes ! Ces derniers sont (généralement) invisibles. Nous, humains sans cœur, nous n’éprouvons aucun sentiment pour ces petites bêtes. Certains d’entre nous n’hésitent pas à user de leur semelle pour ratatiner la malheureuse qui a eu la mauvaise idée de leur passer devant le nez.

Et pourtant, comme l’expliquent les deux créateurs devenus des spécialistes des insectes :

« Les arthropodes à eux seuls représentent en nombre d’espèces 80% du vivant : un animal sur quatre est un coléoptère. Malgré leur supériorité numérique, ils sont pour la plupart ignorés, niés et victimes du plus grand dénigrement (à l’exception des abeilles). Ils étaient là bien avant nous et le seront probablement après. »

Alors, ces deux artistes ont pris au mot le constat dressé par Charles Darwin en 1871 :

« C’est leur petite taille qui fait que nous sommes incapables de nous représenter l’apparence des insectes. S’il était possible d’imaginer un mâle Chalcosoma avec son armure de bronze poli et ses encornures complexes, qui aurait la taille d’un cheval ou simplement celle d’un chien, il deviendrait l’un des animaux les plus impressionnants de la planète. »

Crédit : Nicolas Joubard / Lara Laigneau

 

Pari tenu !

Mathieu et Vincent ont déjà construits 8 insectes. A Redon, pendant la semaine du 2 juillet, ils entameront leur 9ème œuvre. Mais, il ne s’agit pas uniquement de fabriquer un insecte à la taille surdimensionnée (pour faire plaisir à Darwin !) Non, une autre idée est venue croiser la première : construire ces insectes à partir d’instruments de musique.

Ce doryphore a demandé entre autres l’utilisation des claviers de 10 pianos. Crédit : Nicolas Joubard / Lara Laigneau

 

Tout comme l’insecte que nous ne voyons pas n’existerait pas, l’idée de s’appuyer sur des instruments de musique est aussi de rendre vivant à nouveau un objet devenu inerte, de facto mort, parce que simplement non pratiqué ou abîmé. Un procédé qui permet aussi de rendre visible la mécanique cachée des instruments de musique, « leurs viscères en quelque sorte : l’intérieur d’un harmonium, les marteaux du piano, les mécaniques de l’accordéon, parfois en utilisant des instruments rares ou curieux (clavecin, ukulélé…) »

 

Avec l’aimable autorisation des auteurs.

 

Le travail est colossal. Quasiment impossible à quantifier en heures. « Pas raisonnable en tout cas ! », précise Mathieu. D’où le nom donné à l’exposition : Bestiaire utopique. Le travail de construction effectif est réalisé pendant des résidences partout en France. Chacun a sa spécificité : Mathieu est graphiste et plasticien, Vincent est scénographe et constructeur. Un troisième artiste ajoute une touche musicale : David Chalmin, compositeur et producteur.

« Chaque créature fait l’objet d’une composition musicale dont l’orchestration renvoie aux instruments ayant servi à sa fabrication. Le monde des insectes est aussi un monde sonore, c’est pourquoi chaque spécimen est doté d’une partition. »

Ce sont les visiteurs qui déclenchent le chant grâce à des capteurs positionnés dans les créatures.

 

Une exposition itinérante dans le Pays de Redon du 12 juin au 8 juillet

 

 

Infos pratiques :

La performance (construction du 9ème insecte) aura lieu dans la Chapelle des Calvairiennes (26 rue Saint-Michel, Redon) du lundi 2 au dimanche 8 juillet. Du lundi au vendredi : 9h30-12h et 14h-18h30. Samedi : 10h-18h. Dimanche : 14h-18h. Nocturne jeudi 5 jusqu’à 21h.

Accueil assuré par les jeunes de l’IEM La Clarté eux-mêmes.

Entrée gratuite.

Les élèves de l’IEM La Clarté accueilleront les artistes en résidence toute cette semaine.

Ils entameront de leur côté la réalisation d’un insecte avec des instruments de musique et du petit matériel médical (pas plus gros qu’un fauteuil).

Si vous souhaitez vous associer au projet des jeunes en leur donnant du matériel recherché, merci d’appeler l’accueil 02 99 72 74 65 pour convenir du moment du dépôt.

Pour aller + loin :

Le web du collectif Tout reste à faire, qui réunit les artistes de l’expo.