J’aime la galette, savez-vous comment ?

Etaler la pâte sur la surface entière de la plaque avec le « rouable ». Le coup de main demande une certaine dextérité… et rapidité. Photo : Lucie Mahé

La galette du pays gallo : une délicieuse histoire d’amour racontée par Jacques.

A chacun sa façon d’aimer la galette. Il y a ceux qui l’aiment sophistiquée et qui, en véritables gastronomes, vous vanteront les mérites des galettes « revisitées » : la chèvre-miel aux grains de sésame ou encore la spéciale coquille saint jacques sur lit de fondue de poireaux.

Rien ne vaut une galette au beurre ! Photo : Lucie Mahé

Moi, quand on joue à la maison, ma préférée, c’est la galette beurre. Mais attention, pas n’importe laquelle. Son pourtour finement doré doit être légèrement craquant et son cœur tendre à souhait avec juste ce qu’il faut de moelleux pour que le beurre s’y imprègne. Vient alors le moment de déguster. Je replie doucement la galette bien chaude jusqu’à former un cornet plat. Et je commence par goûter, avec délice, les bords pour terminer par la pointe baignée de beurre jaune. Une fois mon assiette vide, j’attends les suivantes avec gourmandise et impatience.

Galette- saucisse, je t’aime !

Quand je joue à l’extérieur, lors des courses cyclistes, les fêtes de village ou avant un match du Stade Rennais, celle que je préfère, c’est la galette-saucisse. Galette- saucisse, je t’aime ! Mais faut-il encore qu’elle soit légèrement chaude et que la saucisse soit à la hauteur de ce fleuron de la gastronomie gallèse, ni trop grillée, ni trop grasse.

Le coup d’oeil humoristique de Pierre Le Den, artiste plasticien installé à Avessac qui aime mettre en scène un Cactus au gré de son imagination…

Pour nous, Hauts-Bretons, la galette, c’est notre madeleine de Proust. Elle nous rappelle notre enfance et les petits plaisirs familiaux. Je me souviens toujours de ces repas de galettes dans l’appartement familial et plus particulièrement le jour du Vendredi Saint. Paradoxe d’une famille d’athées. Mais à chacun ses contradictions et celle-là n’était pas la moins désagréable. Oncles, tantes, grands-parents et enfants se retrouvaient le midi autour de la table commune pendant que ma mère s’affairait devant ses deux tuiles chaudes pour satisfaire la maisonnée.

Quelques ustensiles anciens dont on se servait pour confectionner les galettes (collection privée de Marie-Annick). Photo : Lucie Mahé

Le rituel était toujours le même. La première galette était consommée, découpée en morceaux, dans un bol de lait baraté. Puis venaient les galettes-beurre et pour finir la galette-œuf, bouquet final d’une communion familiale où ne nous manquions pas d’évoquer le souvenir de notre arrière grand-mère Marie-Ange qui épicière, dans les années trente, cuisait ses galettes au feu de bois dans sa petite échoppe de la rue de l’Alma à Rennes.

Marie-Annick et Jean-Paul, deux membres de la confrérie Piperia la galette. La fête de la galette est organisée par le Comité Piperia la galette. Photo : Lucie Mahé

Aujourd’hui, la galette, ce plat populaire par excellence, est devenue incontournable pour toutes celles et ceux qui viennent visiter la Bretagne. Il est même du dernier chic d’aller « se faire » une petite galette-saucisse les jours de marché Rennais, comme autrefois les bourgeois allaient s’encanailler dans les bouges des quartiers populaires. Mais qu’importe, c’est notre histoire et tant mieux si nous sommes de plus en plus nombreux à faire vivre cette tradition du Pays gallo.

Jacques Quinton (texte paru dans le Numéro 16 (juillet-août 2017) de Cactus – Pays de Redon)

Pour en savoir plus

1/Programme de la fête de la galette 2017 à Pipriac :

 

2/Le tuto en texte et photos paru dans le n°9 (septembre 2016) de Cactus :

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